Des lycéens faussaires

Des lycéens faussaires

Quartier Derb Ghallef, à Casablanca. Une voiture est garée, ce dimanche 31 octobre 2004, dans une station-service. Un jeune garçon, très élégant, a ouvert la portière, est descendu calmement, puis a appelé le pompiste et lui a demandé de l’approvisionner en essence. Ayant Achevé sa tâche, le pompiste a tourné la tête vers le jeune garçon pour recevoir l’argent.
Effectivement, celui-ci lui a tendu un billet bleu de deux cents dirhams et s’est tenu devant lui, en attendant qu’il lui remette la monnaie. Seulement, en touchant le billet bleu, le pompiste s’est rendu compte, au toucher, qu’il était différent des autres billets de deux cents dirhams. Il est peut-être faux, pense-t-il avant de lever la tête et de scruter le jeune garçon qui se tenait encore devant lui. “Qui t’a donné ce billet ?“, lui a-t-il demandé.
Le jeune garçon l’a également scruté avant de l’interroger sur la raison de sa question. Le pompiste lui a demandé d’attendre car il voulait alerter la police. «Pourquoi ?», balbutie le jeune garçon qui semble perturbé au point qu’il a tenté de remonter en voiture. Le pompiste lui a demandé d’attendre parce que le billet de banque semblait faux et qu’il fallait alerter la police qui doit s’assurer de son authenticité. «Mais pourquoi appeler la police? voilà je vais te payer avec un autre billet sans problème», lui dit le jeune garçon.
Devenant pâle, ce dernier l’a supplié de ne pas alerter la police. La question est devenue trop sérieuse et sa réponse sera très importante. Aussitôt, le jeune garçon a tenté une fois encore de remonter dans sa voiture.
Seulement, le pompiste l’en a empêché et l’a conduit de force avec le soutien du responsable de la station-service pour le garder dans un lieu isolé. “Allo ! Nous avons chez nous un jeune garçon qui détient un faux billet de deux cents dirhams“, lance le responsable de la station d’essence à la police. Sans perdre de temps, les éléments de la deuxième section judiciaire de la police de la sûreté de Casablanca-Anfa se sont dépêchés sur les lieux et ont arrêté le jeune garçon. Il s’agit d’un lycéen, âgé de dix-huit ans, poursuivant ses études dans un établissement scolaire du quartier Derb Ghallef. “C’est ta voiture ?“, lui a demandé l’un des limiers. Le lycéen a répondu négativement, en expliquant qu’elle appartient à son père. Et le faux billet de banque ? Il a répondu aux enquêteur l’avoir reçu d’un ami, également lycéen. Le jeune garçon les a conduits jusqu’à la demeure de sn ami. Ils ont mis la main sur le deuxième jeune lycéen qui a remis le faux billet au premier. Est-ce lui qui a falsifié les billets de banque ? Lui, également a répondu négativement. C’est un ami à lui qui lui a versé quelques faux billets de deux cents dirhams.
Lequel ? le deuxième lycéen les a conduits chez le faussaire. Il s’agit, également d’un lycéen, qui s’est penché dernièrement sur la falsification des billets de deux cents dirhams en utilisant des outils informatiques, tels le scanner, le PC. Pourquoi y a-t-il recouru ? L’auteur principal a expliqué aux enquêteurs qu’a défaut d’argent pour satisfaire tous ses besoins en divertissements, habillements et autres, il a pensé à recourir à la méthode la plus simple et la plus accessible : scanner les billets de banques de deux cents dirhams. Et voilà, il ne sera plus dans le besoin.
Toutefois, sa soif d’argent l’a mouillé dans une affaire qui lui coûtera des années de prison. Il a été traduit, en compagnie de ses deux complices, mercredi dernier, devant la Cour d’appel de Casablanca.

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