Des négociations en dents de scie

La séance du dialogue social, qui était prévue pour lundi dernier, a été reportée à vendredi prochain. Selon un membre du Bureau exécutif de la CDT, cette mesure a été décidée en raison de la tenue du Conseil national de cette dernière, aujourd’hui, à Casablanca.
Cette réunion devrait normalement se tenir le 27 mars dernier, mais en raison de l’absence du ministre de l’Emploi, qui était au mission à l’étranger, fut reportée au 15 avril courant. Finalement c’est le 19 de ce mois qu’elle devrait avoir lieu, soit à moins de deux semaines du 1er mai, jour de la fête du travail.
La complexité de la conjoncture dans laquelle se dérouleront les négociations dote cet événement d’une importance particulière. Il s’agit, probablement, de l’un des derniers pourparlers entre les syndicats, le patronat et le gouvernement, avant l’expiration du mandat de celui-ci. En outre, cette rencontre s’avère déterminante pour la conclusion des points encore en suspens dans le dossier social, et ce en dépit des accords du 1er août 1996 et du 23 avril 2000.
Pour les centrales syndicales, le gouvernement a failli aux engagements conclus avec eux, aussi bien ceux d’avant l’avènement du gouvernement de l’alternance ( accords du 21 mai 1994 et du 1er août 1996) que ceux faisant partie de la déclaration du 19 moharem ( 23 avril 2000) ou des conventions et protocoles sectoriels. D’ailleurs, nombre d’observateurs ont remarqué l’atermoiement des négociations entre les pouvoirs publics et les centrales syndicales à tel point que l’on soupçonne le gouvernement à vouloir gagner le plus de temps possible avant la fin de son mandat. Outre les revendications syndicales d’ordre financier, le blocage des négociations porte sur le Code de travail. Alors que les centrales syndicales insistent sur les garanties des libertés syndicales, notamment le recours au droit de grève, les doléances du patronat, tournent essentiellement autour de la liberté du travail, la flexibilité en ce qui concerne les mesures de sanction à l’encontre des travailleurs et la dynamisation des programmes de mise à niveau des entreprises privées. A cela s’ajoutent les demandes de facilité en ce qui concerne les impôts, les coûts de production et les charges sociales.

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