Des ONG marocaines appellent à des sanctions plus sévères

Plusieurs ONG marocaines ont appelé mardi à des sanctions plus sévères dans les affaires de maltraitance de petites filles employées comme bonnes au Maroc, au lendemain de la condamnation de l’épouse d’un notable pour violences sur une enfant de 11 ans. Lundi, cette femme a été condamnée à 3 ans et demi de prison et 100.000 dirhams d’amende par le tribunal de première instance d’Oujda pour des brutalités commises sur sa «petite bonne», Zineb Chetit. L’affaire a suscité beaucoup d’émotion au Maroc et le verdict était très attendu. «Nous demandons au gouvernement de réglementer le travail des enfants de moins de 15 ans», a déclaré à l’AFP Khalid Cherkaoui Semmouni, président du Centre marocain des droits de l’Homme (CMDH-indépendant). «Les services sociaux doivent contrôler les lieux où travaillent des mineurs comme les petites bonnes», a expliqué M. Cherkaoui. «Nous espérons que la justice va être plus sévère en appel car nous pensons que les sévices subis par la petite fille sont gravissimes. Cette sentence ne reflète pas l’ampleur des atrocités commises, puisque la petite fille a été séquestrée dans une cave», a renchéri Najia Adib, présidente de l’association «Touche pas à mes enfants». «Nous allons interjeter appel, car nous considérons que l’enfance de la victime a été volée», a-t-elle dit à l’AFP.
En septembre, trois ONG marocaines avaient appelé le gouvernement à instaurer un cadre juridique sanctionnant sévèrement le travail de fillettes de moins de 15 ans employées comme domestiques. Selon des sources associatives, il y en aurait entre 60.000 et 80.000 au Maroc. Zineb Chetit a été hospitalisée le 20 août après avoir été brûlée à l’huile bouillante et au fer rouge. Elle avait en outre subi des agressions sur ses parties intimes. La fillette a également subi des coups de bâton et sa tête a été rasée, selon une source médicale. Les ONG avaient également demandé au ministre de la Justice Abdelouahed Radi de «veiller à un procès impartial et approfondi afin que les bourreaux de la petite Zineb soient sévèrement punis».

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