Des perturbations de l’offre en vue

Les perturbations de l’approvisionnement du marché local en produits laitiers sont inévitables. La crise du lait s’accentue au niveau international. Le prix de la poudre du lait est passé de 1400 euros la tonne à plus de 4.000 euros actuellement et même avec la réduction des droits de douane, les opérateurs estiment que le lait importé revient encore très cher. Et au rythme avec lequel évoluent les cours sur le marché mondial le risque de pénurie est réel.
Les effets de cette situation vont se ressentir sur le marché local, mais l’on ne sait pas encore à quel moment. «Ce sera dans deux mois ou peut-être dans six mois, on ne peut pas encore savoir avec précision, mais les effets sont certains», précise Moulay Mohamed Loultiti, président de la COPAG. Le marché national est autosuffisant en période de pluviométrie normale à hauteur de 80% à 85%. Les 15% à 20% restants sont habituellement couverts par l’importation du lait en poudre. Et c’est aujourd’hui cette différence qui risque de poser un «sérieux problème de déséquilibre entre l’offre et la demande», explique M. Loultiti. Même les dernières précipitations n’ont pu effacer les effets de la sécheresse. «Les dernières pluies ont été très tardives et n’ont pas eu d’effet.
À cela s’ajoute le renchérissement des prix du fourrage, du mais, de l’orge et des aliments du bétail», explique M. Loultiti. Le déficit sera donc un peu plus accentué cette année. Or, rassure un communiqué du ministère de l’agriculture, «les dernières pluies du mois d’avril ont eu des répercussions positives sur la disponibilité fourragère et par conséquent sur la reprise de la production laitière».
De même, dans les conditions actuelles du marché international, «il est impossible d’importer le lait en poudre», ajoute M. Loultiti. Bien sûr, précise-t-il, certains opérateurs ont pris leur disposition avant cette flambée de prix et ont pu constituer un stock, mais ils ne peuvent pas tenir devant une telle situation qui est devenue aujourd’hui structurelle. L’État doit donc prendre les dispositions à long terme pour améliorer la production nationale, soutient en substance M. Loultiti. Car immédiatement «l’on ne peut rien faire», tient-il à préciser.
Certains pays comme le voisin algérien ont choisi la solution la plus facile en subventionnant les produits laitiers. «Chez nous on ne peut pas parler de subvention», affirme M. Loultiti.
Pour le Ramadan, les différents opérateurs s’apprêtent déjà à faire face à la montée de la demande en ce mois, surtout pendant la première semaine où la demande généralement plus importante. «Mais, la demande risque de s’amplifier», souligne M. Loultiti. Certains opérateurs risquent en effet de connaître une rupture de stock ce qui pourrait entraîner un effet psychologique, les consommateurs ont tendance dans ce genre de situation à vouloir s’approvisionner en grandes quantités ce qui accentuera davantage de déséquilibre entre l’offre et la demande. Néanmoins, tient à rassurer le ministère de l’Agriculture, l’offre prévisionnelle en lait et produits laitiers pendant le mois de Ramadan est d’environ 72 millions de litres, dont 59 millions de litres du lait pasteurisé et 13 millions de litres du lait UHT.
La demande, elle, est estimée, selon la même source, à 65 millions de litres, soit une hausse de 3,2% par rapport à la même période de l’année dernière. Par ailleurs et pour faire face à cette demande, le Maroc a procédé à une réduction à 2,5% des droits de douane pour l’importation du lait UHT pendant le Ramadan et à 35% jusqu’au 31 décembre. Il a été, en outre, procédé à l’importation de 8.000 génisses et au développement des techniques d’ensilage dans les régions à vocation laitière.

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