Des subsahariens arnaqueurs

Des subsahariens arnaqueurs

«Trois millions d’euros !», a crié un mécanicien de garage Allal à Casablanca. Les yeux hagards, l’homme est resté bouche bée quand il a entendu le montant de la somme. Quatre ressortissants subsahariens sont venus le voir pour lui proposer de participer à une opération. En contrepartie, il recevra une commission très importante. Il lance un regard perçant puis prend un verre d’eau. Bien habillés et bien rasés, les quatre hommes attendaient sa réponse. L’aîné, Hakim. H, est âgé de quarante-trois ans. Les autres, Boby. T, Jhon. G et John. L, ayant la trentaine. Ils sont tous des Libériens.
Le mécanicien ne les a jamais rencontrés dans le quartier. «Pourquoi leur choix s’est porté sur moi et non sur quelqu’un d’autre», se demandait le mécanicien. Ce jour, Hakim est venu le voir. La discussion s’est engagée entre les deux hommes. Hakim lui explique que la guerre ravage son pays. «Bien que nous soyons issus de familles aisées, nous n’avons pas pu supporter la guerre. Elle sévit dans notre pays depuis plusieurs années», a-t-il confié. Le mécanicien l’écoutait attentivement.
«C’est une représentante diplomatique de notre pays accréditée au Maroc qui nous a aidés à regagner le Maroc», lui a-t-il ajouté sur un ton sérieux. Le mécanicien a pris ses paroles pour argent comptant et lui a demandé l’objectif de leur visite au garage. Hakim dispose d’une caisse contenant trois millions d’euros. Ce dernier a prétendu la garder au bureau des Nations unis à Rabat. Il lui affirme qu’il a un urgent besoin d’argent, l’équivalent de trois mille euros pour pouvoir récupérer l’argent de la caisse. «Nous avons l’intention de profiter de cette somme pour monter un projet touristique et commercial au Maroc», lui a-t-il précisé. Hakim a promis au mécanicien une commission importante s’il arrive à leur trouver la somme.
La conversation se déroulait en présence d’un steward qui se chargeait de la traduction de l’anglais à l’arabe. Le traducteur expliqua aux Subsahariens que le mécanicien leur donnera une réponse le lendemain. Entre-temps, le steward s’est rendu chez un policier qu’il connaissait très bien et il lui a raconté toute l’histoire. Le policier a alerté ses supérieurs. Les éléments du quatrième section judiciaire près du district de Casablanca-Anfa ont entamé les recherches. Les policiers ont préféré les arrêter en flagrant délit. Une embuscade a été tendue aux présumés escros. Le mécanicien et le steward sont passés à l’action.
Le lendemain, ils ont rencontré les Subsahariens dans un café du Centre 2000. Le steward leur a expliqué que le mécanicien ne dispose pas des trois mille euros. Cependant, il pourrait leur prêter 1 mille euros. «Mais, il faut me prouver votre bonne foi. Je veux que vous apportiez la valise qui contient l’argent.», a exigé le mécanicien. Les policiers qui les surveillaient de loin ont filé Hakim. Ce dernier et l’un de ses amis se sont rendus à la gare routière d’Ouled Ziane. Ils ont pris une valise. Soudain, la police encercla la zone. C’est ainsi qu’ils ont été arrêtés en flagrant délit. Au commissariat de police, ils ont reconnu avoir tenté de faire chanter le mécanicien pour lui dérober de l’argent. Ils tentaient d’amasser les sommes nécessaires pour payer des passeurs pour pouvoir regagner l’autre rive de la Méditerranée. Ils ont précisé par ailleurs qu’ils sont arrivés au Maroc clandestinement en traversant les frontières algériennes. Ils se sont installés à Rabat et se sont rendus à Casablanca à la quête de nouvelles victimes.

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