Des trisomiques encadrés

Les enfants atteints de trisomie dans notre société sont désignés tout simplement par le terme mongoliens, comme s’il s’agissait d’une ethnie particulière. Or ce n’est pas un mongolien, mais un enfant mongolien, qui est d’abord un enfant. Trop souvent aussi, la fiche pédagogique se contente de relever les incapacités de l’enfant au lieu de prendre en compte ses acquis et de définir ses potentialités.
Certains poussent l’indécence plus loin en exploitant le handicap de l’enfant pour la mendicité. Dans des cas, l’enfant mongolien est accompagné par l’un de ses parents et dans d’autres cas, on lui donne uniquement des instructions à suivre. On lui apprend le discours qu’il faut prononcer en précisant le moment et les lieux.
Ces pratiques sont de mise, notamment dans les moyens de transport public en commun et les stations de bus et de grands taxis dans les grandes villes et les petits villages. Maillons faibles de notre société, ces enfants mongoliens ont une taille habituellement plus petite que la normale et une tendance à l’obésité. Une tête ronde, le front haut et plat, yeux bridés, paupières fendues obliquement, petites oreilles, nez court et parfois épaté, un aplatissement de la nuque, un cou plus court. Cet aspect physique, qui attire les regards des passants, est ainsi mis à profit par certains parents pour obtenir la charité. Ahmed, 46 ans, père d’un enfant mongolien mendiant affirme qu’il ne peut pas supporter les frais occasionnés par l’achat des médicaments pour son fils. Chose qui l’a poussé à accepter qu’il erre dans la ville pour la mendicité. «Je n’ai pas le choix. Cette maladie chronique demande beaucoup de dépenses. Sa prise en charge seule me coûte plus de mon salaire, surtout que je n’ai pas les moyens d’adhérer à une mutuelle pour m’en sortir.
L’argent qu’il ramène chaque soir, quand il est en bonne santé et quand il n’est pas agressé par des malfrats lors de son retour, permet l’allégement des dépenses», affirme-t-il. Dans ce cas, c’est le dénuement qui est à l’origine de l’errance de l’enfant mongolien dans l’univers de la mendicité. Mais dans d’autres cas, il s’agit du professionnalisme, au sens large du terme. La pratique rapporte beaucoup. Il est à souligner que la maladie de mongolisme est due à une aberration chromosomique appelée également « trisomie 21 ».
Normalement, le nombre de chromosomes contenus dans les cellules d’un individu normal est de 46, en fait, 23 paires. Dans cette maladie, le sujet possède 47 chromosomes. C’est la 21ème paire de chromosomes qui possède un chromosome supplémentaire, d’où le nom de trisomie 21. Quelquefois, un des chromosomes 21 est associé à un autre chromosome, le sujet ne présente alors que 45 chromosomes. Dans ce cas, il n’est pas atteint lui-même de cette maladie mais est susceptible de transmettre à sa descendance l’aberration chromosomique.
Dans notre société, les actions associatives se sont orientées vers l’éducation de ces enfants. Cependant, en ce qui concerne la question d’avertir les parents et de les aider à accueillir l’enfant mongolien, ce volet ne figure pas dans leurs programmes.

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