Des voleurs et des violeurs neutralisés

Des voleurs et des violeurs neutralisés

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Quatre jeunes hommes se tiennent devant les trois magistrats. Ce sont Saïd, Farid, Rachid et Abderrahim, âgés respectivement de vingt-quatre, vingt-six, trente, et trente et un ans. Ils n’ont pas grandi au même quartier. Les deux premiers accusés sont issus du quartier Moulay Rachid alors que Rachid et Abderrahim habitent respectivement dans l’ancienne médina et le quartier Derb Soltane. En plus de leur niveau scolaire bas et leur désespoir, le point commun entre ces jeunes est qu’ils sont chômeurs. Les intéressés n’ont toutefois pas d’antécédents judiciaires. «Vous êtes accusés de constitution d’une association de malfaiteurs, de multiples vols qualifiés, viol, coups et blessures et usage de violence. Qu’en dites-vous ?», commence le président de la Cour. Premier de la liste, Abderrahim a nié les charges retenues contre lui. Il a également rejeté toute implication dans cette affaire. «Je ne connais personne de ces trois jeunes hommes et j’ignore pourquoi la police m’a appréhendé», affirme-t-il à la Cour.
Le président lui a expliqué que la police n’avait aucun intérêt à l’accuser. «Ce sont les victimes qui vous ont dénoncé», lui a précisé le président de la Cour alors qu’il feuilletait le dossier. Abderrahim persiste à nier son implication dans les agressions contre des jeunes femmes. Il a ajouté qu’il n’a ni participé aux vols à l’arraché à bord des vélomoteurs ni au viol des jeunes filles. Saïd, Rachid et Farid font comme leur acolyte. Ils nient tout en bloc. La bande semble avoir décidé de ne pas avouer. Ils ont déclaré à la Cour qu’il n’existe aucune relation entre eux et que leur première rencontre a eu lieu au commissariat de police. Toutefois, les témoignages des victimes étaient convaincants. Une première victime a affirmé qu’elle a été maltraitée par le quatuor. Ils lui ont subtilisé sa chaîne en or et son sac à main renfermant quelques documents ainsi qu’une somme de trois cents dirhams. Une deuxième a révélé qu’elle se souvient d’eux, un par un. Le jour du crime, ils l’ont menacée avec un couteau et lui ont arraché son sac à main contenant entre autres son téléphone portable et une somme de deux cents vingt et un dirhams.
Le dernier témoignage était poignant. La victime est une jeune fille de dix-sept ans. Elle a déclaré avoir subis le calvaire toute une nuit. Venant de descendre d’un grand taxi, elle a emprunté son chemin habituel pour rentrer chez elle lorsqu’elle a été surprise par une main qui l’a tirée par l’épaule. En racontant ce qui lui est arrivée à la Cour, la jeune fille n’a pas hésité de désigner le coupable. Il s’agit bel et bien d’Abderrahim. Au moment où elle le suppliait de la laisser tranquille, trois autres jeunes hommes l’ont rejoint. En tentant de demander secours, l’un d’eux lui a asséné un coup de poing sur le visage. Un deuxième a dégainé son couteau et l’a menacée de mort si elle ouvre sa bouche. Le quatuor l’a conduite par la suite vers un terrain vague pour la déshabiller et la violer à tour de rôle. Le quatre malfrats, qui n’ont pas hésité une seconde de la gifler quand elle les suppliait, étaient sous l’effet de la drogue. Le lendemain, au petit matin, la jeune fille a été relâchée par les prévenus. Abandonnée, alors qu’elle était dans un état déplorable, la jeune fille a été découverte par des piétons. Le quatuor a gardé le mutisme en attendant le jugement de la Cour. Après délibérations, cette dernière a condamné les accusés à six ans de réclusion criminelle.

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