Deux avocats au banc des accusés

Deux avocats au banc des accusés

Deux avocats du barreau de Casablanca étaient, hier matin, à l’intérieur de la cage en verre blindé installée à la salle n°8 de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Il s’agit d’Abdellah Âmmari et d’Ahmed Filali Azmiri. A leurs côtés, il y avaient Daoud Khamli, cheikh des «takfiristes», Abdelkébir Goumara, Abdeslam Kelli et Mohamed Habibi. La même cour, qui a jugé le dossier Youssef Fikri et juge actuellement celui des attentats du 16 mai, a ouvert le dossier du cheikh des «takfiristes». Poursuivi pour constitution de bande de malfaiteurs, complicité à l’homicide volontaire et enterrement clandestin d’un cadavre, Daoud Khamli est considéré comme l’un des prêcheurs du courant de «Al Hijra wa Attakfir» (Migration et excommunication). Son influence sur ses adeptes est si forte que l’un d’eux, qui purge actuellement une peine de 30 ans de prison, n’a pas hésité un jour à attaquer avec un coutelas un policier dans l’exercice de ses fonctions, avec pour objectif de s’emparer de son arme de service. Une opération qui a toutefois échoué. Au fil des années, Daoud Khamli a décidé de se réfugier dans la montagne de Sidi Âroui, dans le Nord du Maroc. C’est là où il a choisi de vivre avec sa famille et sa mère qu’il a enterrée près de sa demeure quand elle est décédée, affirmant qu’elle ne devait pas être ensevelie dans le cimetière des Marocains. Sur demande de son avocat, constitué dans le cadre de l’assistance judiciaire, son dossier a été ajourné au 3 septembre prochain. La cour présidée par Me Lahcen Tolfi a appelé par la suite Abdellah Âmmari, avocat du barreau de Casablanca, à la barre. Ce dernier est accusé d’avoir avisé Khalid Semmak, avant son arrestation et sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle dans le cadre du dossier de Youssef Fikri, d’être recherché par la police. Alors qu’il devait, soit lui demander de se présenter devant la police, soit le dénoncer. Bien qu’il ait nié cette accusation, le juge d’instruction l’a jugé coupable et l’a déféré en état d’arrestation poursuivi pour assistance à personne recherchée et pour avoir tenter d’aider un criminel à prendre la fuite. Une fois devant la barre, ses avocats ont demandé un report du dossier. Après délibération, la cour leur a accordé un délai de plus d’un mois et a fixé l’audience au mercredi 3 septembre. Un délai considéré trop long par les avocats qui ont réclamé une date plus proche. Et c’est là que l’imprévu s’est produit. Abdellah Âmmari est intervenu pour demander à la cour d’examiner sur-le-champ son dossier, sans aucun report. Une réclamation qui a perturbé ses avocats. Après s’être retirée pour délibérer de cette requête, la cour est retournée par la suite à la salle d’audience pour y répondre favorablement. Me Mouloud Bettache, bâtonnier du barreau de Casablanca est intervenu pour demander un moment pour s’entretenir avec le mis en cause. Une requête qui a été acceptée et le dossier a été reporté à l’audience de l’après-midi pour trancher sur ce point. C’est le tour du deuxième avocat du barreau de Casablanca, Ahmed Filali Azmiri. Ce dernier a été arrêté après avoir été dénoncé par Mohamed Damir et Bouchaïb Maghdar, condamnés à la peine de mort dans le cadre du dossier Fikri. Les deux hommes ont précisé dans leurs déclarations à la police judiciaire que Azmiri se chargeait d’écouler des objets précieux volés en Suède pour envoyer les sommes encaissées aux militants du GIA algérien. Bien qu’il ait nié les charges retenues contre lui, il a été gardé en détention préventive. Ses avocats ont présenté, lors de cette audience, une requête concernant la convocation des témoins. Seulement la cour a voulu attendre l’examen du dossier et l’a reporté à l’audience du lundi 8 septembre. La cour a appelé ensuite les trois activistes de la Salafiya Jihadia, Mohamed Habibi, Abdeslam Kelli et Abdelkébir Goumara pour leur constituer des avocats dans le cadre de l’assistance judiciaire et le report de leur dossier à l’audience de l’après-midi. Par ailleurs, la même chambre a aujourd’hui un rendez-vous avec le deuxième groupe des mis en cause impliqués dans les attentats du 16 mai à Casablanca. Outre le trésorier du PJD à Sidi Taybi, près de Kenitra, Youssef Oussaleh, alias «Sahraoui», né en 1956, qui accordait un soutien matériel et moral aux adeptes de la Salafiya Jihadia, on compte également 23 candidats-kamikazes. Il s’agit de Saîd N’Kiri, né en 1976, célibataire, Mohamed Sadouk, alias «Abou Bilal», né en 1977, marchand ambulant, Rachid Abdellah, alias «Ouled Maskini», né en 1970, Lahcen Boukafaoui, né en 1973, Hicham Ouafik, alias «Kazdiri», né en 1976, Jawad Chahid, alias «Abou Salama», né en 1974, Othmane Fares, né en 1980, Abdelhamid Farki, né en 1979, et de Abbès Lamkharbèche, alias «Chouay», né en 1968. Il s’agit également de Driss Naoui, alias «Abou Zoubair», né en 1984, Adil Tamnaoui, né en 1977, Abdelhak Hamdi, alias Abdelhak El Kharraz, né en 1975, Hassan Bakouche, né en 1971, Mustapha ben Zaoui, alias Abou L’Mahdi, né en 1972, Khaled nakiri, né en 1967, Saïd Fares, né en 1973, Rached Riahi Idrissi, né en 1978. Font également partie du lot M’hamed Mimouni, né en 1978, Khaled Âboubi, né en 1977, Driss Boukheir, né en 1974, Abdelali Guericha, né en 1974, Youssef Makour, né en 1976 et Zouhaïr Alouatte, né en 1982. Ces candidats-kamikazes s’apprêtaient à commettre des attentats-suicide dans différents sites à Marrakech, Essaouira et Agadir.

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