Deux malfrats expédiés à l’ombre

Deux malfrats expédiés à l’ombre

Jeudi 19 mai. 22h30. Omar T, quinquagénaire, directeur d’une société, est arrivé à bord de sa Volkswagen Polo devant la porte du garage de la résidence Al Mawlid, située au n° 3, rue Abou Tour Aloufir à Casablanca. Le concierge lui ouvre la porte du garage. Omar y gare sa voiture avant d’accéder à l’ascenseur. Au deuxième étage, l’ascenseur s’arrête et Omar en sort, avance de deux pas et se tient devant la porte de son appartement. À l’instant où il s’apprête à ouvrir la porte, deux jeunes gaillards aux visages cagoulés et armés de couteaux se sont plantés à ses deux côtés. Chacun d’eux l’a tenu d’une épaule. Ils lui ont demandé d’ouvrir la porte sans résister et sans faire de bruit. "Si tu cries, je te tue", l’a menacé l’un d’eux. Frustré, Omar leur a ouvert la porte sans oser tourner la tête vers eux. Une fois la porte ouverte, les deux jeunes cagoulés le poussèrent violemment au point qu’il s’est trouvé allongé à terre. Ensuite, ils ont pénétré à l’intérieur et ils ont fermé la porte. Au départ, ils lui ont donné des coups de poing sans rien lui demander. Comme il ne savait pas ce qu’ils voulaient, Omar a fini par leur demander.
Mais, on lui ordonna de se taire. Après quoi, les malfaiteurs lui ont ligoté les mains et les pieds avec un câble électrique et lui ont fermé la bouche avec un ruban adhésif. L’un des deux jeunes hommes cagoulés lui a fouillé les poches pour en sortir une somme de 350 dh et lui prendre son téléphone portable. Une fois le dépouillage fini, le duo a tiré la victime par les épaules pour l’enfermer dans la chambre à coucher. Ensuite, les deux lascars ont fait un tour à l’intérieur de l’appartement et ils ont mis la main sur un récepteur numérique et un lecteur DVD et ce avant de lui soutirer les deux clés de l’appartement et de la voiture. En sortant, le duo a descendu à bord de l’ascenseur jusqu’au garage. L’un des deux a ouvert la portière de la Volkswagen Polo en même temps que l’autre assurait la surveillance pour ne pas être surpris par le concierge. Les deux jeunes se sont mis à bord et ils ont foncé à toute allure.    
Omar, qui était ligoté, a déployé tous ses efforts pour se déchaîner. En sortant de chez lui en courant, il s’est rendu chez le concierge. Ce dernier est resté bouche-bée quand il l’a remarqué. Le concierge croyait que c’était lui qui a pris la voiture. Omar lui a expliqué qu’il s’est fait agressé par un duo qui lui a volé les clés de sa voiture.
Sans perdre le temps, Omar s’est dépêché vers le commissariat de police pour porter plainte. Les éléments du 3ème groupe de la police judiciaire préfectorale de Casablanca se sont chargés de l’affaire et ont diligenté une enquête. Au départ, ils ont interrogé le concierge et trois gardiens, ainsi que l’ex-femme d’Omar, qui lui rend visite de temps en temps, puisqu’ils ont gardé une bonne relation après leur divorce. Entre-temps, tous les services de police et de gendarmerie à travers le pays ont reçu l’information faisant état de la disparition d’une Volkswagen Polo, immatriculée sous le numéro (…). Quelques jours plus tard, les limiers de la PJ ont été alertés par les éléments de la Gendarmerie royale de la région de Taroual, province de Sidi Kacem d’avoir arrêté un trafiquant de drogue à bord d’une voiture de la même marque que celle disparue et porte le même numéro d’immatriculation. Il s’appelle Abdelkrime. C, né en 1981 au Caïda Taroual, province de Sidi Kacem. Son père a abandonné sa mère alors qu’elle est encore enceinte de lui. C’est son grand-père qui s’est occupé de lui. Atteignant l’âge de la scolarisation, il a été inscrit à l’école. Seulement, après une année et demie, il a tourné le dos aux études et commencer à apprendre la couture traditionnelle. En 1991, il regagne Casablanca pour séjourner chez sa tante au quartier Essalama. Après quoi, il a loué un local pour y travailler comme tailleur traditionnel. Toutefois, ce métier ne lui rapportait pas gros. Et il s’est lancé dans un autre commerce plus ou moins risqué. Il est devenu trafiquant de drogue. Il achetait entre un et trois kilos de haschich à Ketama pour les revendre à Casablanca, notamment aux dealers des quartiers Lissassefa et Derb Soltan. C’est à Derb Soltan qu’il a fait la connaissance de Rachid, un jeune du même âge que lui, fils également de deux parents divorcés et a été pris en charge par son grand-père. Sans passer le niveau de baccalauréat, il a rejoint en 2002, le centre de formation professionnelle d’Aïn Sebaâ. Décrochant un diplôme professionnel, il a commencé la recherche d’emploi. Seulement, il n’a passé que quelques mois de stage dans une entreprise pour se retrouver en chômage. En 2004, il a été embauché dans une société située au boulevard Yacoub Al Mansour et appartenant au mari de sa tante, Omar.T. Pas moins de quelques mois de travail, il l’a chassé après avoir répudié sa tante.
Dès la première rencontre, Abdelkrim et Rachid ont sympathisé au point qu’ils sont devenus inséparables. Et lors d’une conversation, Abdelkrim a suggéré à Rachid de chercher des voitures de luxe afin de les voler et les revendre à des trafiquants de drogue. Aussitôt, Rachid a pensé à l’ex-mari de sa tante et a mis un scénario à l’opération. La même semaine, le duo a passé à l’action. 
Les deux hommes ont été traduits samedi 28 mai devant le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca.

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