Deux ministres populaires au Maroc

Deux ministres populaires au Maroc

Deux ministre très populaires ont visité le Maroc. L’un est belge, l’autre français. Le premier a pratiquement transformé la diplomatie de son pays. Il a donné une voix – qui compte – à son petit pays. Avec son franc-parler et l’éthique qu’il ne craint pas de faire prévaloir sur des intérêts diplomatiques, le ministre belge des Affaires étrangères, M. Louis Michel, a tenu des positions très courageuses, notamment sur le conflit qui oppose les Palestiniens aux Israéliens. Aussitôt qu’il est arrivé au Maroc, il a placé sa visite dans un cadre large : celui de l’intérêt que doit avoir l’Union Européenne pour la rive sud de la Méditerranée. Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience que lui a accordée SM le Roi Mohammed VI, mardi à Tanger, le chef de la diplomatie belge s’est interrogé s’il “ne faudrait pas que l’UE approfondisse ses relations avec la rive sud de la Méditerranée et particulièrement avec le Maroc qui s’attelle à mettre à niveau ses standards par rapport à ceux européens“.
La préoccupation européenne du ministre belge des Affaires étrangères s’est également manifestée, après sa rencontre, mardi à Rabat, avec le Premier ministre M. Driss Jettou : “Nous sommes sur la même longueur d’onde. Nous avons une analyse très commune de l’évolution des relations entre l’UE et le bassin méditerranéen et en particulier le Maroc“, a-t-il dit. La dimension européenne de la visite du ministre belge a été également soulignée après son entretien avec son homologue marocain, M. Mohamed Benaïssa.
M. Louis Michel est venu au Maroc avec des propositions concrètes. Il a affirmé que la Belgique compte contribuer à la reconstruction d’au moins 200 habitations au profit des sinistrés du tremblement de terre d’Al Hoceïma. Louis Michel a souligné de surcroît que les relations entre le Maroc et la Belgique sont “très fortes, très anciennes et très riches“.
La dimension européenne de la visite du ministre belge n’a pas été mise en avant de celle du ministre français de l’Intérieur, M. Nicolas Sarkozy. Ce dernier s’est rendu dans notre pays pour transmettre à SM le Roi Mohammed VI un message de solidarité du Président et du peuple français à la suite du séisme qui a frappé la ville d’Al Hoceïma et sa région. Il a expliqué que le Président français lui a demandé de “voir comment nous pouvions aider le Maroc de manière opérationnelle et concrète“, à faire face à cette catastrophe, “en finançant les projets de reconstruction dans cette région qui a été si touchée par le séisme“.
La visite-éclair (24 heures) du ministre français de l’Intérieur a hautement intéressé l’agence de presse Associated Press (AP). Une dépêche, datant du 4 mars, commente abondamment la visite de M. Sarkozy au Maroc. Elle la situe dans un contexte d’activisme diplomatique américain dans un Maghreb très concerné par les ambitions de “remodelage“ du Moyen-Orient déclinées par l’administration Bush. La sécurisation des frontières du Sahara, considéré comme un nouveau sanctuaire du réseau Al-Qaïda, est au centre des préoccupations de Washington. L’auteur de la dépêche de l’AP n’en veut comme preuve que le programme lancé par les Etats-Unis en 2003. Baptisé “Initiative Pan-Sahel“, ce programme vise à augmenter la coopération policière et militaire de “l’Administration Bush pour les pays sahariens : Mali, Niger, Mauritanie, Algérie, Tunisie, Maroc et bien sûr Libye dont la dénucléarisation est en cours.“
En plus, la conclusion, le 2 mars, de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis, augure d’un nouvel élan dans les relations des deux pays. Plusieurs signes attestent le renforcement des relations des deux pays, après le 11 septembre 2001.
La visite de Nicolas Sarkozy, qui a déclaré “quand on est amis, on doit le montrer et, s’il le faut, le démontrer“, intervient, selon la dépêche, dans un contexte de renforcement de la collaboration entre le Maroc et les Etats-Unis. Le Président Jacques Chirac voudrait manifester le caractère intime et exceptionnel des relations entre Rabat et Paris, en dépit de que nomme la dépêche de l’AP “l’alignement“ de notre pays sur “l’axe du bien“, défini par le pays de l’Oncle Sam.

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