Deux mobiles pour un meurtrier

Deux mobiles pour un meurtrier

La salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida était archicomble cet après-midi de lundi 13 octobre. Les montres indiquaient 15h passées quand le président de la cour a ouvert le premier dossier. «Dossier n°…/03…B. Hamid». Ce dernier se lève du banc des accusés et traîne lentement ses pas vers le box. Son avocat avance aussitôt vers la cour pour soutenir la défense de l’accusé. Le président qui a feuilleté le dossier s’adresse à Hamid. «Tu es poursuivi pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner », lui rappelle-t-il. Hamid, trente-cinq ans, est un journalier des champs qui n’a jamais mis les pieds à l’école. Marié depuis trois ans et père de deux enfants, il n’a jamais pensé être au box des accusés et risque une peine d’emprisonnement lourde. Dans son douar, il jouissait d’une bonne réputation et tous ses voisins le connaissaient comme une personne sans problèmes, qui se contente de veiller sur son foyer. Comment est-il arrivé donc à devenir meurtrier ? Il a nié au départ devant les enquêteurs de la Gendarmerie Royale avoir maltraité Abdelkader. Âgé de trente-deux ans, ce dernier était plus chanceux que Hamid. Issu d’une famille d’agriculteur, disposant des champs d’agricultures dans les régions d’El Jadida, il a passé quelques années à l’école. Il n’a pas dépassé la 5ème année de l’enseignement fondamental, mais il est arrivé au moins à apprendre à lire et à écrire. Abandonnant l’école, il est resté chez lui à aider ses parents agriculteurs. Il était l’enfant gâté de la famille jusqu’à sa mort. Dans quelles circonstance est-il mort ? «Je traversais dans le champ de son père quand je l’ai croisé…» a-t-il affirmé devant le juge d’instruction. Hors de lui, Abdelkader lui a demandé de ne plus y pénétrer, tout en le saisissant par ses vêtements et lui assénant des coups de poing, a-t-il précisé. «Je l’ai imploré de me relâcher en lui promettant de ne jamais y retourner», a-t-il ajouté devant le juge d’instruction. Il a fini par le relâcher après l’avoir maltraité, confie-t-il au juge d’instruction. «Après quoi, j’ai rebroussé chemin sans savoir ce qui lui est arrivé», conclut-t-il ses déclarations devant le juge d’instruction.Mais, il est revenu sur ses déclarations devant la cour d’appel. Certes, il a confirmé avoir traversé le champ du père d’Abdelkader et que ce dernier l’a attaqué en lui demandant de ne plus y revenir, avant de lui asséner des coups de poing. Mais, il a reconnu, cette fois, avoir tenté de se défendre en donnant, lui-aussi, des coups de poings à Abdelkader. « Quand il s’est effondré par terre, j’ai rebroussé chemin sans savoir ce qui lui est arrivé», affirme-t-il devant la cour. Appelés à la barre, les trois témoins qui ont prêté serment ont confirmé que Hamid a maltraité violemment Abdelkader. Seulement, ils ont précisé à la cour que le passage de Hamid dans le champ de la famille d’Abdelkader n’était jamais le mobile de ce meurtre. Mais le vrai mobile est que Abdelkader entretient une relation amoureuse avec la soeur de Hamid. Chose qu’il a rejetée catégoriquement. Verdict : 10 ans de réclusion criminelle pour Hamid.

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