Deux violeurs sous les verrous

C’est dans un état lamentable qu’elle est rentrée chez elle en ce matin du mois de janvier, chez elle, à Tiflet. Ses parents n’étaient pas là. Où peuvent-ils bien être ? Elle n’en sait rien. Ils doivent être encore à sa recherche. C’est la première fois qu’elle n’a pas passé la nuit chez elle. Où était-elle ? Où a-t-elle passé la nuit ? Pourquoi ne les a-t-elle pas prévenus ? Ne savait-elle pas qu’elle devait s’absenter cette nuit?
Les larmes aux yeux, Fatiha, vingt-trois ans, célibataire, s’assoit sur une banquette en attendant ses parents. Elle pleure à chaudes larmes. Que lui est- arrivé ? Pourquoi pleure-t-elle ? Personne ne le sait, sauf elle. Il est déjà plus de 10h du matin et ses parents ne sont toujours pas rentrés. Sont-ils allés voir la police ou se sont-ils rendus à l’hôpital pour la trouver ? Midi sonne. Ses parents rentrent, l’ont remarquée au fond de la chambre toujours les larmes aux yeux.
Sa mère se jette sur elle en pleurant. «Où étais-tu ma fille ?», lui demande-t-elle en sanglotant. Le père se plante sur place, au seuil de la chambre, la scrute curieusement comme s’il ne l’avait pas vue depuis plusieurs mois. Fatiha larmoie encore et étreint sa mère qui lui demande encore les raisons de son absence durant toute une nuit. «Ils m’ont violée, mère, ils m’ont violée !», dit-elle en gémissant. Rouge de colère, son père s’avance vers elle, la tient par les bras et lui demande ce que ses agresseurs lui ont fait et le lieu où ils l’ont emmenée. Elle n’a pas pu lui relater son histoire. Elle n’a même pas pu soutenir son regard, rongée par la honte. La mère demande à son mari d’alerter la police. «Il est déjà 13h, le commissariat doit être fermé maintenant, il faut attendre qu’il rouvre ses portes vers 14h», balbutie-t-il. Elle le prévient que sa fille ne peut plus parler devant lui. Le père sort, laissant sa femme et sa fille seules. Et Fatiha commence à relater l’histoire à sa mère. Elle lui a raconté qu’elle rentrait à la maison, après avoir rendu visite à l’une de ses amies. Elle pressait le pas pour arriver tôt. Soudain, une voiture s’est arrêtée près d’elle. Un jeune homme en est descendu, un couteau à la main. La rue est déserte. Il l’a saisie par les bras et l’a tirée vers lui pour la repousser à l’intérieur de la voiture. Le conducteur a démarré à toute vitesse. Elle les a suppliés de la relâcher et de ne pas lui porter atteinte. «Si tu restes tranquille, sans crier ou demander du secours, je ne te toucherai pas avec mon couteau, mais si tu m’énerves par le moindre comportement, je t’égorgerai comme un mouton», lui affirme l’agresseur, qui a tenté de l’immobiliser et qui lui touchait les seins. Le conducteur s’est contenté de sourire sans dire le moindre mot. Quelques minutes plus tard, la voiture s’est arrêtée près du quartier Errachad, devant la porte d’une maison. Le conducteur a dit au jeune homme assis près d’elle de la faire descendre. Il a demandé à la jeune fille de faire comme si elle l’accompagnait de son plein gré. «Sinon, je te tue», la menace-t-il. Elle garde le silence et entre avec lui. Quelques secondes après, l’homme qui était au volant les a rejoints après avoir stationné le véhicule. Tous deux lui ont demandé d’ôter ses vêtements. Quand elle a refusé, l’un d’eux l’a giflée et lui a affirmé qu’ils la liquideraient si elle opposait la moindre résistance. Elle a fini par obtempérer. Ils l’ont violée à tour de rôle en buvant du vin rouge. Ce n’est que vers 7h du matin qu’ils l’ont relâchée.
Son père est retourné à la maison vers 14h30. La mère lui a relaté toute l’histoire. Hors de lui, il lui a demandé de l’accompagner au commissariat de police, où Fatiha a raconté tous les détails de ce qui lui est arrivé.
Une enquête a été ouverte pour mettre le duo hors d’état de nuire. Ils n’ont que leurs signalements et leurs prénoms. Mais, comme il s’agissait de repris de justice, il a été facile aux policiers de les appréhender dans un café de la ville. Il s’agit de B.H et de L.D, âgés respectivement de 25 et 24 ans, célibataires et sans profession, avec des antécédents judiciaires dans le domaine du trafic de drogue.
Les deux jeunes voyous, qui ont nié les charges retenues contre eux, l’un d’eux ayant affirmé que Fatiha était sa maîtresse, ont été traduits devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat poursuivis pour enlèvement, séquestration et viol collectif.

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