Dialogue social : Dure sera l’application

Dialogue social : Dure sera l’application

ALM : Des voix commencent à se douter sur la capacité du gouvernement à tenir ses engagements à l’égard des syndicats concernant l’application des accords du 30 avril et du 27 janvier derniers. Où en est la situation au juste?
Abderrazak Afilal : Je ne crois pas qu’il y ait des problèmes à ce sujet. La livraison des enveloppes relatives aux augmentations concernant les indemnités de promotion, pour les années 2001 et 2002 a été effectuée en l’an 2000, alors que celles de 2003, sera débloquée après 2004. En bref, il y a des échéances établies que le gouvernement doit respecter, sachant que jusqu’à présent, il a fourni des efforts considérables dans ce sens. Mais, toujours est-il que des dossiers demeurent suspendus, comme c’est le cas pour les administrateurs et cadres assimilés de la Fonction publique, et les intendants de l’enseignement secondaire.
Ce satisfecit dont vous faites allusion n’est pas manifeste à travers le budget du gouvernement. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Vous savez, dans les budgets de l’Etat, il y a toujours des transferts et des réglages à effectuer, en fonction des besoins pressants et urgents. Je suppose qu’il y a des excédents qui peuvent contenir les dépenses consacrées aux augmentations précitées.
Des problèmes persistent en ce qui concerne les volets qui n’exigent pas d’enveloppe budgétaire, comme c’est le cas pour les décrets d’application du Code de travail. Qu’en dites-vous ?
Il faut reconnaître l’existence des divergences concernant l’acception de ce Code, étant donné que chaque partie l’interprète à sa manière.
A titre d’exemple, nous n’avons pas la même définition du contrat de travail. Bon nombre d’entrepreneurs exigent des contrats déterminés de 6 mois avant la titularisation des travailleurs, et n’acceptent pas la conclusion de contrats indéterminés. Les avis sont également partagés en ce qui concerne la réglementation du recours à la grève et les indemnités de chômage occasionné par une mesure de licenciement ou de fermeture d’entreprises, ainsi que pour ce qui est de la retraite. Bien entendu, nous estimons que ce gouvernement dispose d’une réelle volonté de redressement de la situation sociale, pourvu qu’il dure.
Est-ce que vous voulez dire que son mandat pourrait être interrompu ?
Non, mais les rumeurs ne manquent pas. Certains, en effet, estiment que le Premier ministre est allé loin dans le dossier social. Nous considérons à l’UGTM que ce que le gouvernement offre en termes d’augmentations de salaires, il le récupère à travers l’amélioration du niveau de consommation des citoyens. Bien entendu, la conception bureaucratique qui prévaut dans le domaine de la gestion financière est à l’origine de la persistance de certains problèmes.
Les gouvernements précédents n’avaient pas de stratégies économiques qui dépassent le conjoncturel. Deux exemples traduisent cette pauvreté. D’abord, on n’a jamais voulu comprendre qu’en procédant à une baisse des impôts, l’on pourrait élargir l’assiette fiscale. Ensuite, on continue jusqu’à aujourd’hui à préconiser l’encouragement des départs volontaires des travailleurs dans les entreprises à problèmes, sachant qu’à chaque fois, ce sont les meilleurs qui partent. De manière globale, le patronat préfère sacrifier ses cadres et la mise à niveau de sa gestion sur l’autel d’une compression salariale. D’où la paupérisation constante de notre tissu social. Sur ce, alors que nous espérions atteindre le seuil de 2,5 millions de travailleurs déclarés à la CNSS, nous ne disposons actuellement que d’une gamme qui ne dépasse guère les 900.000 personnes. Il est donc temps de revoir tout cette politique.

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