Diaspora marocaine: TMM ou l’hommage rendu aux Marocains du monde…

Diaspora marocaine: TMM ou l’hommage rendu aux Marocains du monde…

Opération réussie. La première édition des Trophées marocains du monde (TMM) a permis de valoriser des hommes et des femmes confirmés par leur expertise dans leur pays d’accueil.

La ville ocre les a accueillis à travers l’événement organisé par le magazine BM, dans un cadre convivial facilitant l’échange et les débats sur des sujets tout aussi divers. Cinq catégories ont été, en effet, choisies sur la base desquelles une première sélection a été effectuée. Un bon cru de compétences marocaines vivant à l’étranger en est sortie.
Le gagnant de la catégorie culture n’est autre que le réalisateur Kamal Hachkar, fils d’immigré né à Tinghir et qui a défrayé toutes les chroniques à travers son premier documentaire en 2012 intitulé «Tinghir Jérusalem, les échos du Mellah». Largement récompensé, son travail axé spécialement sur les thématiques des exilés et des déracinés en général a reçu plusieurs prix dont celui du festival marocain du cinéma. Cette consécration est plus que légitime mais n’enlève en rien aux travaux culturels des deux autres nominés, en l’occurrence Rahma Benhamou El Madani, réalisatrice vivant en France, et le musicien et compositeur Suhail Serghini installé en Espagne. «Voici que je suis invitée par BM à l’évènement des Trophées des Marocains du monde, moi qui suis une pure voyageuse. J’ai réalisé des films, écrit un livre où l’on retrouve mon amour pour le Maghreb, sa musique, sa culture, tout en me sentant tellement entière dans mon identité internationale et tout en défendant les valeurs qui s’y rapportent. Marocaine je le suis de par cette région ancestrale du Tsoul où tout a commencé et où je ne cesse de puiser mon inspiration.» Le témoignage de Rahma Benhamou El Madani, l’auteure de «Seule, ancrée dans le sol», est révélateur.
Dans la catégorie vie associative et politique, c’est Zakia Khattabi qui a été choisie par le jury. Née en Belgique, la politicienne préside le parti Ecolo depuis 2014. Licenciée en travail social de l’Université libre à Bruxelles, elle est également féministe militante anti-raciste. Elle devient membre du Parlement de Bruxelles en 2009 et intègre le Sénat en octobre de la même année où elle occupe le siège de vice-présidente de la commission Justice et présidente du groupe Ecolo à partir du mois de juillet 2012. Elle a, certes, raflé la première place mais le choix pour le jury* fut difficile compte tenu des profils confirmés chacun dans son expertise. C’est le cas du militant suisse, Mohamed Mike Fani, juge au pouvoir judiciaire au Tribunal Prud’Hommes à Genève. Président de la Fondation Vimanis (Suisse), organisation active dans le développement durable et la recherche médicale pour le dépistage précoce du cancer «Biotech et Big Data», ce natif de Casablanca, installé depuis l’âge de 10 ans, a tenu à partager son expérience d’une manière informelle et naturelle signant son engagement pour défendre des causes précises. Ingénieur en télécommunications et réseaux, diplômé de la confédération helvétique et titulaire d’un MBA de la HEC, University of Geneva, c’est en 2004 que l’homme crée la Fondation Maroc pour le développement durable (FSMD). Mohamed Mike Fani est pragmatique. Selon lui, «l’événement TMM permettra de mobiliser les compétences des migrants et de la diaspora en faveur du développement».
C’est un fait. Estimés à près de 5 millions de personnes -dont 80% sont établies en Europe-, les Marocains résidant à l’étranger représentent un levier potentiel pour contribuer aux enjeux de développement socio-économique du pays.
«Le Maroc a la chance d’avoir une diaspora diversifiée dans les pays du monde les plus développés. La diaspora ne doit pas être considérée seulement comme une source de financement, mais comme des partenaires au développement». Le discours du juge est clair. «Le transfert de connaissances et de compétences, les échanges internationaux ou encore la promotion du développement durable dans les milieux économiques et académiques sont autant de pistes de collaboration à approfondir avec la diaspora marocaine. Ce sont aussi de véritables jalons sur la voie d’un développement capable de concilier efficacité économique, solidarité sociale et responsabilité écologique». L’homme va très loin dans sa réflexion et compte bien créer ce pont entre la Suisse et le Maroc dans ses champs d’intervention…
Le profil d’Alexandre Rhalimi a aussi retenu l’attention dans une salle comble où la présence de Rachid Madrane, ministre de l’aide à la jeunesse, des maisons de justice, des sports et de la promotion de Bruxelles, a été largement rappelée compte tenu de son parcours édifiant en tant qu’homme politique socialiste et journaliste belge mais marocain de souche !
Pour sa part, Alex s’impose parmi les nominés par son parcours en tant que Shérif du Comté de Suffolk sur la côte Est qui regroupe plusieurs villes dont Boston, Revere, Winthrop et Chelsea. Il a fondé depuis plus de 17 ans la société de transport et de services de protection Casablanca Coach Worldwide. Titulaire d’un master en justice pénale de l’Université de Boston, il fait partie de la National Sheriff’s Association et de l’American Jail Association.
Dans le monde de l’entreprise c’est le Rifain Abesalam Koulouh, entrepreneur en France, qui a raflé la première place de cette catégorie pour son génie entrepreneurial. Sélectionné déjà dans son pays d’accueil par l’association Maroc entrepreneurs, M. Koulouh après une expérience avérée chez EDF décide de voler de ses propres ailes. Il est aujourd’hui à la tête de plusieurs sociétés évoluant dans le domaine de l’énergie : Avéo (construction de Réseau électrique), Teva (bureau d’étude), Tetris (Maintenance) et Tisea (conseil). Son réseau emploie plus de 250 employés !
Les deux autres profils de la catégorie et qui ont retenu la première sélection renvoient à la Rifaine, également, Fatima Ouansaidi et Rachid Azaoum, originaire de la région d’Al Hoceima. La première est entrepreneure positionnée dans les relations publiques en Afrique du Sud et le second dans la restauration. Celui-ci qui a créé sa propre franchise de restaurants en Belgique est aussi membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Bruxelles (BECI).
Dans le domaine du sport où trois figures ont été, au préalable, sélectionnées, c’est Rizlen Zouak, la première judoka marocaine qui a charmé le jury par ses exploits. Reconvertie tout récemment dans les sports MMA (Arts martiaux mixtes), elle devient la première femme dans le monde à y évoluer. Le jury n’omettra pas d’encourager le petit frère de Adil Belgaid, Ismail, considéré comme l’espoir du judo dans la catégorie 73 kg en France. Repéré aussi pour ses nombreux exploits, le lutteur Chakir Ansari est né à Clermont-Ferrand en France. Deux fois qualifié pour les Jeux olympiques (Londres en 2012, et Rio en 2016), Chakir Ansari dépasse les espoirs de son public ! C’est en effet une première dans l’histoire de la lutte marocaine.
Enfin la catégorie «recherche scientifique» a mis en compétition le chercheur Jamal Tazi avec Omar Samaoli, diplômé chercheur en gérontologie, et Abdelhamid Benazzouz, directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et neuroscientifique spécialisé dans la maladie de Parkinson. La première place a été décernée au premier de la catégorie pour ses recherches avec l’équipe qui dirige le CNRS de Montpellier et qui vient de mettre au point un nouveau médicament pour lutter contre le VIH. En avant-première, Jamal Tazi annoncera que la molécule ABX464 est prête pour paralyser le virus présent dans l’organisme des patients atteints du sida et ce même après l’arrêt du traitement !
L’hommage à Rachid Yazami, l’inventeur de la puce capable de recharger les batteries des smartphones et les véhicules électriques en 10 minutes, a permis de faire témoigner en direct l’homme à qui a été décerné le prix Dapler pour son génie.

La boucle est bouclée !

* Le jury présidé par Maati Kabbal, journaliste et écrivain franco-marocain chargé des actions culturelles à l’Institut du monde arabe à Paris (IMA) et réunissant parmi ses membres, Mohamed Alami, journaliste correspondant en chef à Washington de la chaîne satellitaire Al Jazeera, Abdellatif Benazzi, sportif franco-marocain, ancien capitaine de l’équipe de France de rugby, Mohamed Charef, universitaire, expert de la question migratoire et de la mobilité des populations, et Amine Saad, directeur de publication de BM Magazine, a bien insisté sur le fait que l’exercice de sélection ne fut pas une chose aisée…

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *