Différence d’âge : Une fusion intemporelle d’âmes sages

Différence d’âge : Une fusion intemporelle d’âmes sages

Le fait de se marier avec un homme qui a l’âge de son père ou partager sa vie avec une femme de quinze ou vingt ans son aînée n’est pas évident. Pourtant, il s’agit d’un phénomène qui reste répandu dans la société marocaine. Lorsque la différence d’âge dans le couple ne dépasse pas les 4 ou 5 ans, on a généralement tendance à l’ignorer. Mais à partir du moment où ça dépasse les dix ans, le sujet devient de plus en plus inquiétant pour le couple, car cela risque d’avoir un impact direct sur un élément sensible et décisif de la vie conjugale, à savoir la sexualité. Cette situation, assez courante, suscite toujours quelques interrogations. Qu’est-ce qui pousse un homme à penser à une fille beaucoup plus jeune que lui ? En fait, certains croient, à tort ou à raison, qu’il est toujours préférable de se marier avec une jeune femme avec une différence d’âge d’au moins 10 ou 15 ans. Les raisons de cette préférence ne sont pas à démontrer. Certains disent, se référant en cela à une croyance traditionnelle qui serait transmise de père en fils, que les hommes conservent leur puissance sexuelle durant longtemps alors que les femmes vieillissent plus vite que les hommes et perdent, de ce fait, le désir sexuel en atteignant un âge déterminé. Aussi, les polygames pensent, dans la majorité des cas, à une deuxième, troisième ou quatrième épouse qui soit en jeune âge pour des raisons bien connues. Partager le lit conjugal avec une fille encore plus jeune traduit, pour certains polygames ou même des veufs, un retour vers les désirs sensuels acharnés du passé. Des désirs perdus dans les rouages d’une première vie conjugale devenue, pour eux, moins excitante au fils des années. En revanche, il existe également des hommes qui se marient avec des femmes qui ont l’âge de leurs mères. Selon les sociologues, il s’agit principalement, dans ce cas, de mariages liés à un intérêt particulier mettant aux prises les deux mariés. Ceci dit, la question qui se pose dans ce cadre est celle de savoir si les époux, avec un écart d’âge important, arrivent-ils à suivre le rythme de l’un et de l’autre. En fait, les modifications biologiques entrent naturellement en compte, à savoir une libido en berne, la ménopause, les problèmes d’érection, etc. Une personne âgée s’habitue peu à peu à ces changements, mais le plus jeune n’y est pas vraiment préparé et trouve une difficulté à s’y adapter. Ceci dit, il faut souligner que les études scientifiques affirment que les hommes conservent l’aptitude sexuelle plus longtemps que les femmes rejoignant, ainsi, une croyance bien chère aux Marocains.
Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Chicago et publiée par le British Medical Journal (BMJ) révèle qu’à l’âge de 55 ans, les hommes peuvent s’attendre à conserver une activité sexuelle d’au moins 15 ans alors que pour les femmes de cet âge, cette période ne durerait que 11 ans. Les résultats de cette enquête incluant au total 3.000 adultes âgés de 57 à 85 ans ont montré que les hommes sont plus souvent sexuellement actifs, mènent plus fréquemment une vie sexuelle satisfaisante et avouent un intérêt pour le sexe plus important que les femmes. Cette différence est encore plus marquée entre 75 et 85 ans, période durant laquelle 40% des hommes conservent une vie sexuelle active contre seulement 17% pour les femmes. Parmi les célibataires de 57 à 85 ans, 57% des hommes s’avouent intéressés par le sexe, contre seulement 11% des femmes. Les résultats de cette étude laissent entendre que le mariage conclu entre un homme âgé et une jeune fille aura plus de chance de réussir que dans le cas contraire du point de vue sexualité, mais il n’en est rien dans la réalité. Il faut dire que ça reste très relatif et la différence d’âge n’est pas un élément aussi décisif qu’il en a l’air. Dans la pratique, rien ne dit qu’un couple du même âge sera plus heureux, durera plus longtemps et sera en mesure de mener une vie sexuelle épanouie et satisfaisante que l’un de ces couples que l’on a tendance à qualifier de «hors norme». En réalité, chaque relation entre deux personnes est unique et a ses propres particularités.
En plus, tout se passe dans la tête. Certaines personnes gardent un esprit jeune et d’autres sont vieux avant de l’être. Cela dépend, en premier lieu, du caractère et du vécu, notamment l’état de santé. Pour le docteur Mustapha Rassi, sexologue, la donne est claire. Au-delà de ce qu’un couple qui connaît une différence d’âge conséquente peut rencontrer comme difficultés, la solution est là. «Quand les partenaires se sentent valorisés et qu’ils obtiennent soulagement à leurs préoccupations au sein du couple, un certain bien-être s’installe pour créer une stabilité psychologique et tisser de liens plus forts. L’amour et le plaisir ressentis au sein du couple peuvent dépasser tous les obstacles qui se dressent devant ces couples assez spéciaux», explique le sexologue (voir entretien page 29). Il est aussi question de s’adapter à la sexualité de l’autre en exprimant clairement ses besoins pour que les attentes ne se transforment pas en manque et en frustration.

L’andropause
On définit l’andropause comme l’ensemble des symptômes physiologiques et psychologiques qui accompagnent la baisse de testostérone chez l’homme vieillissant. Elle surviendrait habituellement vers 45 à 65 ans. Ces symptômes vont de la baisse de l’appétit sexuel à l’arrivée de problèmes érectiles en passant par une sensation d’être à court d’énergie. Des périodes de transpiration excessive, des problèmes d’insomnie et une prise de poids pourraient aussi s’ajouter aux répercussions d’un déclin de production d’hormones sexuelles. Considérée comme un dysfonctionnement par certains, comme une phase normale de la vie par d’autres, l’andropause demeure un sujet controversé. L’andropause touche seulement une minorité d’hommes. Aussi, elle ne marque pas l’arrêt de la fertilité.

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