Diplomatie de transparence

«Nous avons fait acte de diplomatie de transparence », c’est en ces termes, adressés aux journalistes, que le ministre des Droits de l’Homme, Mohamed Aujjar, a clos samedi à Rabat, la conférence de presse sanctionnant la visite au Maroc de son invitée, la ministre suédoise de la Démocratie, l’Administration publique et la Consommation, Mme Britta Lejon.
Un séjour marocain qui aura permis à la responsable suédoise de se faire une impression sur les pas franchis par le royaume en matière d’ancrage de la démocratie dans la vie quotidienne et de respect des droits de l’homme. Un séjour qui aura aussi permis aux responsables marocains d’émettre une nouvelle image vers les contrées nordiques de l’Europe, où la démocratie depuis longtemps ancrée dans les moeurs, drape d’un voile parfois condescendant les avancées de pays comme le Maroc.
Comme pour réunir les conditions optimales d‘émission, on a tenu à concocter un programme chargé pour Mme Lejon, au risque de brouiller quelque peu le signal. La ministre a ainsi rencontré le Premier ministre, des membres du gouvernement dont les ministres de la Justice et de la Réforme administrative, des responsables du CCDH, de l’Observatoire national des droits de l’enfant, de l’OMDH, de la section marocaine d’Amnesty International, du SNPM ou encore d’associations féminines comme l’ADFM. Un tour d’horizon quasi-complet de ce que compte la société marocaine aujourd’hui comme organismes militant dans les domaines de la démocratie et des Droits de l’Homme. Il n’en fallait pas moins pour préserver l’image du Maroc des interférences post-11 septembre.
Des distorsions que reconnaît bien la responsable suédoise qui martèle la nécessité aujourd’hui pour « les pays et les gouvernements des différentes civilisations, religions et cultures » de promouvoir la communication, mais qui reconnaît au détour d’une phrase que « la Suède, comme l’Union Européenne, ne peuvent faire l’impasse sur le Maroc». Certes, ce partenaire incontournable est encore « au début de la voie d’ancrage de la démocratie dans la vie publique », mais « les pas franchis sont importants » et il existe « un engagement politique clair concernant la transparence des prochaines élections ». C’est la trame de fond de l’image que véhiculera la social-democrate Britta Lejon dans un pays où la démocratie, même depuis longtemps distillée dans les moeurs avec des taux de participation aux élections de 80 %, demeure « un combat de tous les jours ».
Un combat que Mme Lejon et ceux auxquels elle fera part de sa visite, reconnaissent au Maroc le droit de mener. Plus, y accréditeront le royaume de sérieuses chances de succès lors du round de septembre prochain. C’est en cela que la visite de la ministre suédoise, comme celle attendue prochainement d’une délégation du Parlement européen, servent la nouvelle image du Maroc. Celle d’un pays consciemment ouvert à la démocratie.

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