Diplomatie offensive en Amérique Latine

Diplomatie offensive en Amérique Latine

A quelques jours du 31 octobre 2003, date-butoir pour le réexamen par le Conseil de sécurité des Nations Unies de l’affaire du Sahara marocain, les contacts se multiplient entre représentants des provinces du Sud, d’un côté, et les ONGs et partis politiques du monde entier, d’un autre côté. L’offensive diplomatique marocaine consiste maintenant à envoyer des délégations des provinces du Sud dans plusieurs capitales pour expliquer à leurs interlocuteurs les véritables enjeux de ce conflit artificiel. Ces délégations sont composées de plusieurs chefs de tribus sahraouies et même d’anciens responsables du Polisario de retour à leur mère patrie. L’objectif est ainsi double. D’une part, montrer que la population marocaine des provinces du Sud est totalement mobilisée en faveur de sa cause nationale. Et que contrairement à la propagande anti-marocaine orchestrée par la diplomatie et la presse algériennes ainsi que le Polisario, tous les Marocains sont contre le Plan Baker II. D’autre part, cette nouvelle campagne de sensibilisation consiste, grâce aux témoignages des membres des délégations, à rendre compte des exactions commises par le Polisario dans les camps de Tindouf, sous le regard complice de la junte militaire algérienne. Ainsi, une délégation marocaine des provinces du Sud, composée de neuf personnes, a été reçue, dimanche dernier à Santiago au Chili par plusieurs responsables politiques. Les membres de cette délégation ont notamment exposé devant leurs interlocuteurs les aspects politiques et humanitaires de la question du Sahara. Ils ont été reçus par Carlos Parker, membre éminent du Parti Socialiste chilien (au pouvoir) et haut responsable du ministère chilien des Affaires étrangères. Après cette rencontre, Carlos Parker s’est dit édifié par les explications fournies par la délégation marocaine sur les enjeux stratégiques du problème du Sahara et sur les origines historiques du conflit, affirmant avoir appris des choses inédites sur les pratiques du Polisario. Parker a accepté une invitation de la délégation marocaine à venir visiter les provinces du Sud avant la fin de l’année 2003, accompagné d’une délégation comprenant les représentants de plusieurs autres partis politiques chiliens. Les membres de la délégation ont, en outre, attiré l’attention sur les conditions inhumaines des détenus marocains en territoire algérien, en violation de la convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre, appelant le Parti Socialiste à exercer les pressions nécessaires sur le Polisario et Alger pour leur libération immédiate et inconditionnelle. La délégation sera également reçue aujourd’hui par Alejandro Bahamondes, responsable au Parti Pour la Démocratie (PPD) avant de se rendre à Valparaiso (120 km de Santiago), siège du Congrès chilien pour des entretiens avec Andrés Zaldivar, président du Sénat et Edgardo Rivero Marin (Démocratie Chrétienne, au gouvernement), président de la commission des relations extérieures à la Chambre des députés. La délégation des provinces du Sud rencontrera également le groupe sénatorial d’amitié Chili-Maroc, présidé par Sergio Romero, lors d’une réunion à laquelle devront prendre part également les députés Alejandro Navarro et Carlos Olivares. Avant leur départ, demain mercredi à destination du Mexique, les membres de la délégation seront reçus au ministère des Affaires étrangères par les proches collaborateurs du chef de la diplomatie chilienne, Mme Soledad Alvear.

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