Discours calme et action concrète

L’ancien porte-parole du Front des forces démocratiques est confiant, affichant une sérénité à toute épreuve. «Oui, nous faisons une bonne campagne», a-t-il déclaré à Aujourd’hui Le Maroc, ajoutant que « les citoyens réclament tous de parler, de discuter avec les candidats, ils veulent pouvoir connaître les gens qui vont les représenter à la Chambre des représentants». Hammou Ouhalli ajoute pourtant que «c’est difficile d’aller partout et il faudrait peut-être penser à rallonger la durée de la campagne, surtout en zone rural».
Dans la circonscription d’Ifrane, où 75.846 citoyens sont inscrits sur une population de 127.677 âmes, on ne dénombre pas moins de 25 listes pour deux sièges à la clé. Beaucoup plus qu’en 1997. Mais, sous son calme sourire, le député sortant d’Ifrane qui est en même temps fils du terroir fait preuve d’optimisme. D’autant plus, note-t-il, que «la première remarque, pour l’instant, c’est l’attitude de l’administration, qui s’en tient à une stricte neutralité». «Il y a aussi malheureusement ce phénomène de l’argent, toujours présent. Mais cette fois-ci les utilisateurs le feront à fonds perdus, parce que le bulletin unique restreindra leur liberté de contrôle», dit-il avec un soupçon d’ironie.Par ailleurs, on sent que la participation dans le monde rural est importante, beaucoup plus que dans les zones urbaines. Ils ne sont que deux sur la liste FFD, lui-même et un jeune agriculteur du nom de Driss Youssoufi. Originaire d’Aïn Leuh, Ouhelli a de l’énergie à en revendre…
Depuis le début de la campagne, il parcourt par monts et par vaux les contours de sa circonscription, qui s’étend d’Imouzzer à M’rirt, et qu’il connaît si bien. Sa fonction de professeur chercheur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat n’est, semble-t-il, pas étrangère à sa manière de s’exprimer. Calme et clair. Hammou, comme continuent de l’appeler affectueusement les militants du FFD, n’est pas un colérique. Ni un passionné. Avec le calme qui le caractérise, il expose le programme de son parti, en soulignant les aspects économiques, sociaux et culturels. Il sait ce qu’il y a à faire. Il connaît l’ampleur de la tâche d’un député. Il n’est pas un nouveau venu dans le monde de la chose publique. L’homme est mu par cette volonté de travailler inhérente aux gens qui en veulent».
Il ne doute pas que le travail sérieux et organisé s’avère toujours payant. Après des études au lycée Tarik Bnou Zyad d’Azrou, il obtient un diplôme de vétérinaire à l’IAV Hassan II de Rabat et un doctorat d’État en production animalière à l’Université de Toulouse. Il est également chercheur associé à l’Université d’Édimbourg, au Roselin Institut (là où a été conçue la fameuse brebis Dolly). Sa quête de savoir l’a également mené à Berlin où il a été assistant chercheur pendant deux années.
Le parcours de l’ancien secrétaire d’État chargé de la Solidarité et de l’Action humanitaire n’est pas sans incidences sur le comportement et la vision des choses que peut avoir cet amoureux de la nature capable de parler pendant des heures de la cédraie de la région d’Ifrane. « La plus belle du monde», affirme-t-il, en vantant la beauté des sites naturels de cette région, véritable château d’eau du Royaume. « Toute expérience qui ne fait pas de l’homme une priorité absolue est vouée à l’échec», dit-il. On est tenté de le croire.

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