Dix ans pour le viol d’une mineure

Dix ans pour le viol d’une mineure

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Fès. Samir, trente-deux ans, se tient devant le box des accusés. Il est poursuivi pour viol d’une mineure et coups et blessures. A côté de lui, une fille de seize ans qui pleure comme un enfant de trois ans. Il semble qu’elle ne supporte pas de regarder son bourreau. Le président de la cour lui a demandé de sortir de la salle d’audience et d’attendre. Les yeux de l’assistance la suivaient avant que l’interrogatoire de Samir ne commence. “J’avais deux antécédents judiciaires…“, affirme-t-il à la cour. Il a abandonné l’école à la phase primaire avant de rejoindre un réparateur de vélomoteurs. Il a passé chez lui deux ans avant d’entretenir une relation amicale avec un jeune de son quartier. Celui-ci était un délinquant qui avait des antécédents judiciaires pour vol, coups et blessures.
La relation de Samir avec ce dernier lui a permis d’apprendre à avaler des comprimés psychotropes, fumer du haschisch et commettre des vols. Des vices qui lui avaient coûté à deux reprises des peines d’emprisonnement respectivement de huit mois et d’un an ferme. Seulement cette troisième fois, il a nié les charges retenues contre lui. “Je ne l’ai pas violée“, clame-t-il. Il a précisé à la cour avoir une relation amoureuse avec la plaignante, qu’elle l’avait accompagné, de son plein gré, chez lui pour passer des moments intimes, qu’il lui versait des sommes d’argent d’une fois à l’autre surtout qu’elle lui avait expliqué qu’elle était issue d’une famille indigente et qu’elle ignorait son âge réel.
Mais la victime a raconté une autre version de l’histoire devant la cour. Avec les larmes aux yeux, elle a expliqué qu’elle était en chemin à destination de chez une amie à elle qui habite un peu plus loin. A mi-chemin, elle a été croisée par Samir. Elle ne l’a jamais connu, affirme-t-elle à la cour. Il lui a demandé de l’accompagner vers sa chambre. Elle a refusé et lui a demandé de la laisser tranquille. Samir qui était drogué ne pensait qu’à ses instincts bestiaux. Il l’a saisie par ses vêtements pour tenter de la conduire par force. Elle a commencé à demander secours.
Seulement, personne n’était sur le lieux, précise-t-elle à la cour. Il lui a asséné aussitôt un coup de poing sur le visage pour l’obliger à se taire. Il a sorti par la suite un couteau de sa poche pour la menacer.
Effectivement, elle ne pouvait que se soumettre devant la menace. Elle n’avait de choix que de l’accompagner jusqu’à une chambre au rez-de-chaussée d’une maison. A l’intérieur, il l’a obligée à se dévêtir et se livrer à lui pour satisfaire son besoin. Après, il l’a jetée dehors comme une chienne. La fille est retournée chez elle pour avertir sa mère. Cette dernière l’a accompagnée chez la police pour déposer plainte et leur indiquer la maison où elle a été violée.
Prenant la parole, le représentant du ministère public a requis la peine maximale contre le mis en cause, le qualifiant d’un être humain sans pitié. Quant à l’avocat, constitué dans le cadre de l’assistance judiciaire, il a expliqué à la cour que le mis en cause n’a pas nié la relation amoureuse avec la jeune fille, mais il rejette l’accusation de viol et il a requis l’acquittement à sa faveur. Finalement, après les délibérations, la cour l’a condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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