Don d’organes : Seulement 36 prélèvements à partir de donneurs en état de mort encéphalique

Don d’organes : Seulement 36 prélèvements à partir de donneurs en état de mort encéphalique

Le manque de sensibilisation et de confiance pointé du doigt

Mal informées, pas du tout préparées, méfiantes ou angoissées, beaucoup de familles font obstacle à ce geste qui peut pourtant sauver des vies.

Les dons d’organes sont toujours monnaie rare au Maroc alors que pour de nombreux patients gravement malades la greffe constitue l’unique solution pour survivre. Malgré une évolution du nombre de greffes ces dernières années, celles-ci restent   dérisoires. Le Pr  Benyounes Ramdani,  chef de service néphrologie au CHU Ibn Rochd de Casablanca, déplore le manque cruel  de dons  d’organes et l’absence de communication et de sensibilisation. Les greffes pratiquées à partir de donneurs en  état de mort encéphalique sont rares. «Depuis 2010, seulement 36 prélèvements multi-organes à partir de donneurs en mort cérébrale ont été réalisés.

Ainsi, 22 prélèvements ont été réalisés au niveau du CHU Casablanca, 4 au CHU Avicennes de Rabat, 4 à l’hôpital militaire de Rabat, 5  au CHU de  Marrakech et 4 à Fès. Ces prélèvements ont permis de réaliser depuis 2010 près de 70 greffes rénales, une quinzaine de greffes hépatiques, 3 greffes cardiaques et 22 greffes de cornées», indique Pr Ramdani.  Il faut rappeler à ce sujet que les premières greffes à partir de donneurs en mort encéphalique ont eu lieu en 2010 au CHU Ibn Rochd. La généralisation s’est faite graduellement d’année en année, jusqu’en 2015, année à laquelle l’ensemble des CHU marocains est commencé à faire des prélèvements. 

En revanche, les greffes à partir de donneurs vivants sont plus nombreuses. «90% des greffes sont réalisées à partir de donneurs vivants. Près de 52 greffes sont réalisées par an. Nous sommes pratiquement arrivés à 600 greffes rénales à partir de donneurs vivants au Maroc depuis 1990. De 1990 à 2000, seulement 44 greffes rénales ont été réalisées. Durant cette période, ces interventions avaient lieu uniquement au CHU Ibn Rochd de Casablanca. A partir de 2000, ces greffes étaient réalisées au CHU de Rabat et de Casablanca puis à partir de 2010 au niveau des  CHU de Fès et de Marrakech», précise-t-il.  A noter que sur les 600 greffes réalisées au niveau national, 330 ont été faites au niveau du CHU de Casablanca. Le reste étant réparti au niveau des autres CHU. Selon le Pr Ramdani, l’absence de don s’explique par le manque de sensibilisation.

«Le don d’organe est un projet de société dans lequel tout le monde doit être impliqué.  Les Marocains ne sont malheureusement pas assez sensibilisés au sujet. Beaucoup ignorent ce qu’est le don d’organe», déplore ce praticien. Mal informées, pas du tout préparées, méfiantes ou angoissées, beaucoup de familles font obstacle à ce geste qui peut pourtant sauver des vies. Le Pr Ramdani tient à rassurer les personnes méfiantes en signalant que tout don d’organe est soumis à une procédure très stricte.

«Dès la réception des organes, la liste nationale d’attente est consultée, après quoi un score d’attribution figurant au Bulletin officiel est donné. Un PV décrivant toutes les étapes est dressé par le pratiquant pour chaque organe reçu. Le PV est ensuite soumis, au ministère de la santé et au tribunal qui vérifie si le donneur est inscrit ou non sur la liste». Le Pr Ramdani soutient et encourage la greffe qui permet une économie d’argent et offre une meilleure qualité de vie que la dialyse. Selon ce dernier, 30.000 patients sont dialysés au Maroc alors que seulement 300 personnes sont inscrites pour une  greffe.

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