Dossier : Cadrage : Attentisme

Le Maroc traverse actuellement une étape très importante qui nécessite la conjugaison de tous les efforts et l’association de toutes les composantes de la société, afin de réussir le pari de la modernisation et du développement. Une étape où toute l’élite du pays est appelée à créer, animer et faire prospérer le débat sur toutes les questions relatives à l’avenir du pays et à la concrétisation de ses choix politiques, de ses paris économiques et de ses ambitions sociales.
Ces objectifs sont ceux de tous les Marocains. Chacun est appelé à contribuer, selon ses moyens et ses compétences, individuellement ou collectivement, pour que le Maroc puisse poursuivre son acheminement vers ce projet de société moderne, tolérante, juste et prospère et que nous voulons tous pour notre pays.
Parmi ceux qui sont appelés à contribuer activement à cette marche nationale, l’élite intellectuelle du pays assume une responsabilité à la fois extrêmement capitale et très sensible. Ce qui est tout à fait normal et évident.
Mais, ce qui semble se passer actuellement dans notre pays est que cette élite semble incapable, pour le moment, de s’impliquer totalement dans cette dynamique et l’on a l’impression qu’elle adopte la même attitude passive et attentiste qui est en train d’envahir le pays, ces derniers temps, au point de devenir une manière d’être et de vivre. On a l’impression d’ailleurs que personne ne cherche à animer le débat et à stimuler l’élan des mutations sociales qui devraient accélérer la cadence du développement du pays.
Cette élite intellectuelle, l’on remarque avec déception qu’elle hésite encore à jouer pleinement son rôle. Nos intellectuels donnent l’impression de vouloir se cloîtrer dans une sorte d’attitude de désintéressement total pour ces mutations sociales, économiques et politiques que vit le pays et que leur passivité ne fait qu’en freiner l’ardeur. Car, comment peut-on pousser les jeunes à faire confiance à leur pays et à participer d’une manière persévérante et assidue à sa construction et à son développement, si l’élite intellectuelle, qui est censée lui ouvrir les voies et éclairer son chemin, ne fait aucun effort pour communiquer avec cette jeunesse.
Une élite qui refuse de s’ouvrir sur son environnement immédiat préférant s’isoler dans son propre monde ne sert aucunement sa société. Et quand on dit isolement, cela ne signifie pas forcément un silence total. Notre élite parle. Elle fait semblant de communiquer avec son environnement. Mais elle le fait d’une manière qui ne peut nullement aboutir au résultat escompté. Car, s’adresser à des milliers de téléspectateurs, par exemple, en parlant un langage trop académique qu’ils ne comprennent pas et dire que l’on a contribué au débat de la société sur la modernité, c’est se mentir à soi-même d’abord et aussi à tous les Marocains.
Ainsi, cette élite est appelée à adapter son langage à celui de la société et à sortir de la carcasse dans laquelle elle s’est enfermée.

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