Dossier : Cadrage : La fièvre des mots

Malgrè sa petite taille arithmétique sur l’échiquier politique national, le Parti du progrès et du socialisme, a souvent enfanté des militants de bonne graine. Depuis l’époque de feu Ali Yata, l’ex -Parti communiste a été toujours assimilé, à juste raison d’ailleurs, à une pépinière d’élite intellectuelle.
Personne n’oubliera des gens cultivés et humbles comme feu Nadir Yata, feu Aziz Blal, Feu Habrich et bien d’autres parmi ceux qui nous ont quittés. La bonne graine continue à se cultiver dans le jardin de ce parti avec des dirigeants respectueux et respectables comme Khalid Naciri, Moulay Ismaïl Alaoui , Nezha Skalli et la liste n’est pas exhaustive. Ce qui gêne aux entournures aujourd’hui, c’est que nos amis socialistes se sentent curieusement plus persécutés qu’ils ne l’ont été quand ils flirtaient avec le communisme pur et dur. À tel point que leurs responsables utilisent une rhétorique très radicale. Ils reprennent les mêmes termes que ceux dont ils étaient taxés par les pouvoirs publics quand ils étaient des communistes attitrés. Dans deux communiqués de leur Bureau politique et leur comité central, les dirigeants du PPS parlent de complot ourdi par des « forces réactionnaires ». L’alerte générale est donnée pour mobiliser toutes les forces vives de la nation pour s’opposer à ceux qui veulent saborder la transition démocratique. Extraordinaire élan de solidarité du PPS avec le gouvernement qui dépasse de loin le soutien des plus grands partis de la coalition. Jamais le Premier ministre n’aurait rêvé d’un tel plébiscite surtout quand on sait que le dernier communiqué énumère avec force détails les réalisations du gouvernement Jettou.
La satisfaction des socialistes est tellement débordante qu’elle met l’installation de la commission équité et réconciliation à l’actif du gouvernement. Ce qui n’est pas le cas puisque le dossier de la CCDH et ses dérivés relève directement de SM le Roi Mohammed VI. Pourtant le PPS n’a jamais versé dans l’excès comme il le fait depuis deux semaines.
Comme la page du ministre de la communication est tournée avec le communiqué réconciliateur de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, on se demande qu’est-ce qui fait courir encore le PPS ? A moins qu’il existe d’autres raisons qui nous échappent, il est certain que la sortie de la mouvance populaire unifiée et celle du RNI n’a pas plu au parti dirigé par Moulay Ismaïl Alaoui. Ce dernier qui jouit d’un capital estime très appréciable au sein de la classe politique semble lui aussi atteint par la poussée de fièvre qui secoue le PPS. Connu par son calme, sa courtoisie et sa diplomatie, Moulay Ismaïl a surpris par un ton belliqueux dans un entretien qu’il a accordé à l’hebdomadaire « Assahifa ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce politique serein s’est déchaîné sur tous ceux qui veulent reconstituer une nouvelle majorité gouvernementale. Le RNI et la mouvance populaire unifiée ont été fustigés par un terrible « perte de raison » qui ne sied aucunement au tempérament calme du secrétaire général du PPS.
Une phrase qui n’a pas été arbitrairement soustraite par la rédaction d’Assahifa puisqu’elle n’a fait l’objet d’aucune objection dans le communiqué du CC du PPS.

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