Dossier : Cadrage : Réformer d’abord !

L’horaire continu. Voilà bien une idée qui ravit la majorité des fonctionnaires. C’est presque un rêve qu’il caressent depuis des années, se contentant de son application pendant la seule période estivale.
D’ailleurs, on l’appelle «l’horaire d’été». Sauf, que ces mêmes employés qui appellent de tous leurs voeux l’instauration d’un horaire continu durant toute l’année ont leur part de responsabilité dans son inapplication.
En effet, et il ne faut pas se le cacher, le fonctionnaire marocain a malheureusement pris cette étiquette du «pas assez bosseur», de celui qui file à l’anglaise à la première occasion… bref de celui qui n’est pas conscencieux dans son travail. Du coup, les politiques en sont venus à une conclusion : si elle n’est déjà pas assez rentable actuellement, l’administration publique le serait encore moins dans l’hypothèse d’un horaire continu annuel.
Mais, au-delà de la question de savoir si cet horaire est rentable ou pas pour l’Etat, il faudrait d’abord tirer au clair quelques points tous aussi pertinents. Il y a d’abord celui de la restauration. Comment des gens, aux revenus faibles, pourraient-ils se permettre, tous les jours, de manger dans une cantine ou se faire livrer un repas sain? Tout le monde le sait : nos fonctionnaires sont sous-payés. C’est cette même raison qui fait d’ailleurs que l’on ne pourra pas s’attendre à les voir «profiter» pleinement de leur après-midi. C’est-à-dire, sortir, se divertir, faire du shopping, des activités sportives ou culturelles… comme cela se fait si bien dans certains pays européens (Allemagne, Pays-Bas…). Pire encore, certains Marocains n’hésiteraient vraiment pas à exercer une autre fonction, au-delà de 15 h, après avoir fini leur travail. D’autres, libres de leur corps et de leur esprit, seraient dès lors plus facilement amenés à la débauche et c’est là l’une des craintes de nos responsables politiques quant aux conséquences de l’horaire continu.
Moralité de l’histoire : l’horaire continu implique toute une réforme de l’administration publique, d’une part, et un certain engagement moral de la part des employés au niveau de leur service.
S’agissant de la réforme, l’Etat devrait subventionner la restauration dans ses administrations, rendant les «tickets-resto» plus accessibles (entre 5 et 10 DH) au fonctionnaire moyen. Parallèlement, une révision substantielle des salaires serait plus adéquate avec l’instauration d’un horaire 8-15 heures. Elle permettrait, comme c’est le cas en Europe, de mieux «faire tourner la roue de l’économie nationale».
En somme, l’horaire continu permanent serait une sorte de cerise sur le gâteau, puisqu’il viendrait parfaire toute une série de mesures, dans le cadre d’une réforme globale de l’administration publique. Une réforme qui tarde toujours à voir le jour.

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