Dossier : Casablanca : le vol de voitures fait rage

Dossier : Casablanca : le vol de voitures fait rage

Selon des sources proches de la police, quelque quatre cents voitures auraient été volées dans un espace de six mois !! C’est énorme au point que certains responsables de la sûreté nationale considèrent que ce chiffre est très exagéré et qu’il n’a rien à voir avec la réalité. D’autres parlent d’une cinquantaine d’opérations dans le genre, tandis que certains chefs de brigade affirment qu’il n’y a pas plus de huit voitures qui ont été dérobées à leurs propriétaires alors qu’ils se trouvaient dedans. Si le phénomène de vol de voitures n’est pas nouveau dans notre pays, la manière de procéder, en revanche, elle, est nouvelle. Pendant que le feu est au rouge, une voiture heurte volontairement le véhicule ciblé.
Automatiquement, le conducteur, souvent seul à bord, descend s’enquérir de l’état de sa voiture. C’est à ce moment qu’intervient un autre type (parfois une femme) que celui qui a provoqué le « petit » accrochage, pour se placer rapidement derrière le volant et démarrer en trombe. Ce réseau, si c’est vraiment un, qui s’est spécialisé dans le vol de voitures de luxe, notamment les BMW et les Jaguars, agissait soit lors de vols avec violence soit lors d’effraction sur l’axe Casablanca Mohammedia. S’agit-il d’un groupe d’adolescents en quête d’émotions fortes et d’un moyen de transport peu coûteux et qui trafiquent les fils d’une voiture pour s’offrir une balade inoffensive comme c’est le cas un peu partout dans le monde, notamment dans les grandes villes ? Normalement, l’une des principales raisons pour laquelle les voitures sont volées est qu’il est facile de s’introduire dans certains modèles de véhicules. Il y a des gens qui peuvent faire démarrer un vieux véhicule avec un tournevis aussi rapidement que le propriétaire avec une clé. Mais l’on n’imaginait pas qu’ au Maroc les gens se font « arracher » leurs véhicules.
Dans la ville de Mohammédia, deux voitures de type Kango ont été volées de la sorte ainsi qu’un petit taxi. Un autre citoyen a été poursuivi jusqu’à devant son domicile, et au moment où il s’apprêtait à descendre, deux hommes et une femme l’ont «braqué» et se sont emparés de sa voiture. Ils l’ont même dépouillé de tout ce qu’il avait comme objets de valeur, y compris son téléphone cellulaire pour qu’il ne soit pas tenté d’appeler la police.
De coutume, et depuis le début des années 1990, les profits les plus fabuleux sont encaissés par des bandes organisées, souvent internationales, fortes de capitaux considérables. Celles-ci s’occupent à grande échelle de la contrebande d’hommes, de voitures, de drogues et de cigarettes. Mais jusqu’à présent, la thèse la plus probable dit qu’il pourrait s’agir de délinquants itinérants. Mais qu’est-ce qui serait derrière cette floraison de ce mode de vol de voitures ? L’on parle de la prospérité du marché africain. L’Afrique qui est désormais touchée par tous les grands trafics criminels, dont ceux de la drogue et des armes, n’échappe pas au vol et à la contrebande des voitures qui ont connu, depuis plus d’une dizaine d’années, un essor extraordinaire à travers le monde. Différentes études, dans les pays les plus développés, démontrent que la majorité des vols de voitures sont essentiellement des vols d’usage.
A ce niveau, des facteurs comme l’endroit où la voiture est garée, l’utilisation du blocage de la direction, le fait que les portes soient fermées ou non et d’autres caractéristiques jouent un rôle considérable. Mais comment faire pour éviter de se faire prendre sa voiture en plein jour ? Les auteurs opèrent dans les lieux où les vols peuvent se commettre facilement, où ils encourent moins le risque d’être appréhendés et dans lesquels ils peuvent agir très rapidement. La police tente d’enrayer ce phénomène. Des enquêtes d’envergure sont menées discrètement mais efficacement.

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