Dossier : Facture salée pour des grèves à répétition

La grève représente un manque à gagner réel pour l’économie marocaine. Pas moins de 1.000 à 1.400 conflits sociaux sont répertoriés chaque année, d’après une source de l’inspection du travail.
Les grèves déclenchées sont d’ environ 500 en moyenne par an. Rien que pour cette année, ces mouvements sociaux ont touché divers secteurs dont l’Enseignement (FNE/UMT) et la Santé. En cette période de transition économique, marquée par la privatisation, la fonction publique reste particulièrement sujette aux colères syndicales. C’est ce qui explique en partie l’accueil froid au projet de réforme portuaire. La ville de Rabat connaît des grèves à répétition depuis quelques mois, déclenchées par les 850 employés de la RATR pour cause de régularisation de leur situation. Autre administration en veilleuse à cause de la grève, la Conservation foncière.
Par ailleurs, la multiplication des syndicats dans le secteur médical semble retenir sur le secteur de la santé. Ce sont autant de grèves qui sont déclenchées, et presque autant de négociations entamées. Les coûts de ces débrayages sont parfois dramatiques pour l’entreprise : cas de General Tire et Bata entre autres. Les coûts varient d’une entreprise à l’autre.
Pour une entreprise comme la Ram, par exemple, la répercussion du mouvement des pilotes, il y a quelques mois a été directe sur le secteur du tourisme. Les transporteurs de sable, en grogne au mois, d’août dernier, ont paralysé sommairement les BTP. Aussi, la législation sur le droit de grève apparaît d’abord comme une prirorité économique. Les occupations d’usines ont poussé ces dernières années, des entreprises allemandes installées au Nord du Maroc à fermer boutique et à migrer vers des cieux plus cléments. Une chose est sûre : avec la nouvelle législation, le risque encouru par les investisseurs s’en trouve réduit.
Le cadre législatif actuel interdit l’occupation des lieux de travail, tout en interdisant aux patrons de licencier l’employé en grève.
La poire coupée en deux en principe, entre syndicats et patronat. On regrettera que les inspecteurs du travail, acteurs incontournables du dialogue social, soient les grands oubliés. Depuis 1997, cette corporation est entrée dans un processus de diminution des effectifs alors que le nombre de conflits sociaux est en nette hausse.

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