Dossier : Les homos dans l’imaginaire marocain

Au Maroc, le terme «Zaamel» est grosse insulte. Comme dans tous les pays musulmans, l’homosexualité est très mal vue. C’est une maladie pour certains, un comportement anormal pour d’autres, et qui en aucun cas ne doit bénéficier de circonstances atténuantes. Les déficits d’hormones, les anomalies que certains scientifiques mettent en avant pour expliquer le fait qu’un homme désire un homme, sont en général rejetés d’un bloc. L’enfant qui développe une telle tendance subit un régime de «redressement» en règle.
D’abord dans la cellule familiale, puis dans la rue, le quartier, il s’expose aux quolibets et à la vindicte populaire. S’il ne redevient pas «normal» au terme de ce traitement de choc, il doit être moralement assez puissant pour supporter le regard de l’autre. Cela va du sourire espiègle de l’épicier du coin à la remarque appuyée du camarade de classe, en passant par le policier en faction qui dans le cas d’espèce à tendance à assimiler «promenade» et «racolage». Risque encouru : entre 6 mois et deux années d’emprisonnement. Et comme dans tous les pays musulmans, la pédophilie fait partie du domaine du tabou, sujet qui a rarement droit au chapitre, y compris dans la presse, le pédé n’a pas le choix. Pourtant, de l’avis des sociologues, les choses sont en train de changer.
Aujourd’hui, la mondialisation fait telle que les cultures s’influencent. Et ce qui est encore pénal ici, ne l’est pas à seulement 15 kilomètres des côtes marocaines. D’où une attitude tacite de la société qui tolère «le pédé étranger», mais n’hésite pas à rejeter, voire réprimander le marocain effeminé ou, à l’air louche. C’est dire que la question de l’homosexualité au Maroc a encore du chemin à faire pour être traité au grand jour. Preuve en est, cette flopée de réactions qui depuis la France, l’Espagne et d’autres pays, s’est abattue sur le Maroc à la suite d’une affaire d’arrestations à Tétouan.

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