Dossier : Monde sans corruption : réalité ou chimère

Agir à la base, tel est le leitmotiv de Transparency International (TI). Sa stratégie de formation de coalitions met en contact les pouvoirs publics, les entreprises, les universités, les professionnels, les médias et la grande diversité des organisations de la société civile.
Les sections nationales de TI sont des organisations enregistrées localement, qui mobilisent des particuliers et travaillent avec d’autres groupes pour promouvoir la transparence, surveiller les finances publiques et appeler les dirigeants à rendre des comptes.
À travers son secrétariat international et ses 80 sections nationales, TI travaille aux niveaux national et international afin de surveiller le corrupteur et le corrompu.
Dans le cadre international, TI attire l’attention sur les effets néfastes de la corruption, plaide pour des réformes politiques, travaille pour la mise en application de conventions multilatérales et par la suite surveille leur mise en oeuvre par des gouvernements, des organismes et des banques. Au niveau national, les sections se consacrent à améliorer la responsabilité et la transparence, à contrôler les activités des institutions clés et à faire passer les réformes nécessaires de façon impartiale.
Toutefois, au lieu de rendre publics les cas individuels (ceci est le travail des journalistes, dont un grand nombre sont membres des sections nationales de TI), TI se focalise plutôt sur la prévention et sur la réforme des systèmes.
L’ONG a adopté la déclaration de Paris, qui propose une série de mesures pour contrer la corruption internationale. En dix points, cet appel à agir contre la grande corruption presse les gouvernements de renforcer les procédures judiciaires contre l’utilisation opportuniste d’immunités spéciales et règles de prescription. Il appelle aussi les banques à garder des registres détaillés de toutes les transactions et à surveiller les clients « à haut risque » et réclame que les sociétés cotées en Bourse soient obligées de publier toutes les sommes versées à des entités publiques.
Les médias restent cependant un important partenaire de la lutte contre la corruption. Au cours de l’année 2003, TI a organisé ou soutenu des formations en journalisme d’investigation et en communication de l’information financière dans différents pays du globe tels que l’Afghanistan, l’Argentine, le Ghana, le Sénégal,le Tadjikistan et le Zimbabwe.
Partant du principe que la disponibilité des informations est une condition indispensable à l’émergence d’une société informée, à même de participer significativement au débat public et de demander des comptes à ceux qui la gouvernent, l’accès à l’information était le thème central du Rapport mondial sur la corruption 2003 de TI. Les sections de TI ont fait campagne pour l’adoption et la mise en application de lois efficaces sur la liberté de l’information.
Au Mexique, après sept ans de lobbying par une coalition d’organisations de la société civile incluant Transparencia Mexicana, 2003 a finalement vu la promulgation d’une loi nationale sur la liberté de l’information qui étend considérablement l’étendue des informations à déclarer par les pouvoirs publics.

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