Dossier : Un petit eldorado au milieu des sables

L’argent tiré des puits de pétrole des Emirats arabes unis a radicalement changé l’image de ces vastes contrées désertiques. Aujourd’hui, Dubaï est devenue une plate-forme financière, en concurrence directe avec les grandes places du sud-est asiatique. Connue pour son luxe inouî, ses méga-projets, Dubai est en passe de s’imposer au Moyen-Orient sur les plans touristique, commercial et financier. La cité-Etat mise aussi sur le transport aérien avec une plate-forme qui accueillera plus de 60 millions de visiteurs d’ici 2020.
L’Emirat, devenu ces dernières années, destination des flux financiers provenant de la région, est en concurrence directe avec Londres. Contrastant avec Dubaï et son industrie de loisirs, ses centres financiers, Abou Dhabi, la capitale fédérale, assure près de 90% de la production de brut du pays. C’est là que tous les jours, 2,5 millions de barils de pétrole sont mis dans le marché international, assurant la majorité des fonds destinés à financer le budget fédéral. L’artisan de cette modernité, Cheikh Zayed Ibn Soltane Al-Nahyane, laisse derrière lui, un pays moderne, doté de belles autoroutes, une infrastructure hôtelière de luxe, et une grande zone franche où sont implantées plusieurs multinationales. Le Jebel Ali, dont une réplique est en train de voir le jour dans la zone franche de Tanger, est doublé d’une zone franche pour le commerce électronique, Dubai Internet City, qui compte parmi ses locataires, Oracle, Microsoft ou encore IBM. En trente ans, Cheikh Zayed Ibn Soltane Al-Nahyane aura réussi son pari : tirer cette contrée de son mode de vie nomade et bedouin pour en faire un carrefour incontournable dans l’industrie des services.
Ce n’est pas sans raison que les Emirats arabes unis figurent en bonne position dans le palmarès des pays les plus riches du monde. En 2002, le PIB par habitant affichait 16 000 dolllars US. Un niveau à revoir à la hausse en raison de l’augmentation des cours de pétrole. Certes tout n’est pas rose, les sept émirats ne sont toujours pas engagés avec la même cadence dans la modernité, le pays reste encore dépendant de la main-d’oeuvre étrangère, la population autochtone a du mal à conserver sa majorité face au flux migratoire, mais les grands jalons de la modernité sont là. D’un Etat à l’autre, la situation est très différente. Le chômage frappe 6% des 200 000 habitants autochtones.
La population totale de l’EAU est de 3,75 millions d’habitants, dont 80% d’étrangers, provenant de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh notamment. L’afflux des étrangers est l’un des sujets les plus disputés par l’homme de la rue, une «bombe à retardement», selon la formule utilisée par un officiel. Mais une bombe dont les habitants, habitués à l’aisance (l’on compte 500 000 domestiques et assimilés), se passeraient difficilement.

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