Dossier : Un remaniement Imminent

Les sièges des partis politiques bruissent d’une agitation inhabituelle. Les spéculations et rumeurs ont traversé leurs murs pour loger dans les journaux. Un remaniement ministériel serait imminent. Il a été porté à la presse par des négociations secrètes entre les dirigeants du Rassemblement national des indépendants (RNI), la Mouvance populaire unifiée (MPU) et le Parti de la justice et du développement (PJD). M. Ahmed Osman aurait reçu le vendredi 20 février M. Mohand Laenser, M. Mahjoubi Aherdane et M. Saâd Eddine Othmani. Ce dernier a été le seul à démentir cette réunion. Elle a été suivie par une deuxième rencontre – cette fois-ci confirmée – entre le même RNI et la MPU.
Au coeur de cette rencontre : la constitution d’une nouvelle majorité. M. Ahmed Osman ne cache pas les ambitions de son parti à occuper les premières loges dans le prochain gouvernement. Dans un entretien publié aujourd’hui à ALM, il déclare : “depuis 1998, le RNI est sous-représenté dans les gouvernements qui se sont succédés. Mais dans l’intérêt de notre pays et pour assurer le succès de la nouvelle alternance, nous avons accepté de faire des concessions“.
Cela suppose-t-il que ce parti ne fera plus de “concessions“ à l’avenir? Réclamera-il des responsabilités ministérielles proportionnelles au nombre de ses députés si le gouvernement venait à être remanié ? Cette même logique, relative à la désignation de ministres en fonction du nombre de sièges occupés par leurs partis au Parlement, est partagée par la MPU. M. Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement Populaire, une composante du MPU, a déclaré sur nos colonnes : “La MPU devrait avoir une représentativité au gouvernement proportionnelle à son poids dans les deux chambres“.
Et puis, les manoeuvres en vue d’un remaniement n’ont pas laissé insensibles les partis qui participent à l’actuel gouvernement. Dans un entretien avec le journal “Assabah“, Ismaïl Alaoui, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a mis en garde contre le renouvellement de l’actuelle composition gouvernementale. Mieux : il considère que tout remaniement constituerait un danger pour le Maroc. Il laisse toutefois présager qu’une crise existe dans l’actuel gouvernement, puisqu’il reproche à l’USFP et au Parti de l’Istiqlal de s’être âprement battus pour la Primature. Leur lutte a été sanctionnée par la nomination de Driss Jettou.
Au reste, les indices d’un imminent remaniement ministériel ne sont que la partie visible de l’iceberg. La Koutla démocratique serait, elle-même, menacée d’une scission. Les deux journaux de l’USFP viennent de publier un dossier relatif à la pertinence du maintien de la Koutla. Fondée en 1992, la Koutla comprend l’USFP, le PI, le PPS, la Gauche socialiste unifiée (GSU) et le Parti socialiste démocrate (PSD). Il est frappant de relever le timing du dossier, publié par les deux organes de l’USFP ! Ce timing apporte de l’eau au moulin de ceux qui parlent d’une crise de la majorité au gouvernement. L’USFP n’échappe pas au demeurant à la critique de certains militants. Cela s’est déjà traduit par des luttes intestines dont les deux marques patentes sont la création d’un parti dissident, le Congrès national Ittihadi (CNI) et le schisme de la Confédération démocratique du travail (CDT) qui n’est plus affiliée à l’USFP.
Selon un député de l’USFP qui a requis l’anonymat, ce parti a perdu de son aura dans l’exercice du pouvoir. “L’USFP a intérêt à faire une pause, si elle ne veut pas gâcher l’héritage qu’elle tient de Mehdi Ben Barka et d’Abderrahim Bouabid“.
L’USFP dans l’opposition, cela permettrait peut-être de remettre les pendules à l’heure.

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