Doublement victime

Sept ans de prison ferme est la peine prononcée par les magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat à l’encontre de Taoufik S. accusé d’enlèvement, séquestration et viol sur la personne d’une femme mariée et mère de deux enfants. Les accusés, dans cette affaire qui remonte au mois de juillet dernier, sont au nombre de trois. Abdelkebir S. surnommé (Kinko) est né en 1974 à Salé. Il a déjà écopé de trois condamnations pour des affaires d’enlèvement et de viol, constitution d’association de malfaiteurs ayant commis plusieurs vols qualifiés dans différentes résidences de la ville et tapage nocturne et ivresse. Abdenbi K., âgé de 18 ans, sans profession et sans antécédents. Le troisième accusé, celui qui a été condamné à sept ans de réclusion, est le plus âgé. Il était à son trente-huitième printemps au moment de son arrestation. Taoufik est un délinquant endurci qui ne manque pas d’antécédents. Il a purgé une dizaine d’années pour différents délits où la violence sexuelle sur des femmes majeures revient le plus souvent. L’affaire remonte au mois de juillet dernier. Fatima âgée de 25 ans revenait du marché où elle a fait ses courses. Avant de partir au marché, elle avait confié ses deux enfants âgés respectivement de quatre et huit ans à sa voisine. Elle devait faire vite pour pouvoir regagner sa maison avant le retour de son mari qui travaille en tant qu’employé dans une société de textile à Salé. Depuis leur mariage, les habitudes de son mari sont restées les mêmes. A chaque fois qu’il est de retour après une longue journée de travail, il devait absolument trouver prêt son casse-croûte de l’après-midi. Bref, sur son chemin de retour elle aperçoit deux gaillards qui consommaient de la drogue. Après un petit instant d’hésitation, Fatima continue de marcher sans prêter grande attention aux deux drogués. Elle n’était pas loin de chez elle et puis, son mari appartient à une nombreuse famille composée de plusieurs délinquants très connus dans toute la ville de Salé. Et comme les délinquants se connaissent généralement entre eux, Fatima était certaine d’être à l’abri de toute agression. C’est en marchant qu’elle se fait surprendre par les deux délinquants qui l’ont embarquée sous la menace d’armes blanches vers un terrain vague réservé aux sans domicile fixe. Les deux malfrats la violent à tour de rôle et la dépouillent de ses biens : une chaîne en or et sa bague de mariage avant de s’emparer du contenu des courses faites au marché. Après délibération , Taoufik a été condamné à sept ans de prison ferme alors que les deux autres accusés ont été innocentés. Mais le plus grave dans cette affaire, reste l’attitude du mari qui a demandé le divorce devant les magistrats de la cour. Avant de quitter la salle d’audience , il a demandé au président qu’il fallait rajouter un autre article aux accusations : la déchirure familiale !

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