Dr Khaled Dembri : «Les hormones régulent les pulsions et les émotions fondamentales»

Dr Khaled Dembri : «Les hormones régulent les pulsions et les émotions fondamentales»

ALM : Quel est le rôle des hormones dans l’organisme?
Khaled Dembri : Le corps humain est un système complexe d’organes en relation les uns avec les autres, qui doivent travailler ensemble pour fonctionner correctement.
Les glandes endocrines contrôlent les fonctions de l’organisme par l’intermédiaire de substances chimiques appelées hormones, qui sont libérées dans la circulation générale. Les hormones agissent comme des messagers chimiques qui voyagent dans tout le corps grâce à la circulation sanguine. Chaque hormone a un rôle spécifique.

Quelles sont les hormones responsables du développement des organes sexuels chez les adolescents? Et comment agissent-elles?
Les ovaires et les testicules situés dans le bassin libèrent des hormones qui régulent les pulsions et les émotions fondamentales, comme les pulsions sexuelles, la violence, la colère, la peur, la joie et le chagrin. On distingue les caractères sexuels primaires qui sont définis par la différenciation des ovaires chez la femme et des testicules chez l’homme et des caractères sexuels secondaires résultant de l’activité des hormones sexuelles, notamment la testostérone, au moment de la puberté. Ils se traduisent par le développement des seins pour le sexe féminin et le développement des caractères sexuels masculins dont la croissance des structures osseuses et musculaires, maturation des organes génitaux et reproducteurs, pilosité et autres. Ils permettent également l’augmentation de la libido, de l’énergie, de la production de globules rouges chez les deux sexes.

L’acte sexuel est-il régi par une activité hormonale?
Mise à part la libido (l’envie sexuelle), chez l’homme la testostérone est l’hormone qui va activer tout le comportement sexuel. Ceci est obtenu de deux manières : Tout d’abord la testostérone va agir sur une zone du cerveau que l’on appelle l’amygdale. Cette stimulation a pour but de favoriser la recherche des activités sexuelles donc la recherche d’un ou d’une partenaire. D’autre part, la testostérone présente également une action sur l’hypothalamus qui est une autre zone du cerveau toujours située au centre de celui-ci et ceci pour réguler le comportement de la copulation, c’est-à-dire du rapport sexuel. Chez la femme, ce sont l’hypophyse, les ovaires et les glandes surrénales qui sécrètent les hormones sexuelles. Les œstrogènes sont donc des hormones sexuelles produites par les ovaires, mais aussi par les glandes surrénales. Ils stimulent le développement des organes sexuels (caractères sexuels primaires), celui de la poitrine et des poils du pubis (caractères sexuels secondaires). Les œstrogènes permettent aussi de maintenir l’élasticité du vagin et de produire sa lubrification. Aussi, la progestérone est produite par les ovaires après l’ovulation. Elle prépare la muqueuse utérine à l’implantation de l’œuf. S’il y a grossesse, la progestérone aide au développement des glandes mammaires. Les ovaires et les glandes surrénales produisent également en petites quantités des androgènes (hormones mâles).

Quelles thérapies ou médications prescrivez-vous dans le cas de troubles sexuels liés aux hormones?
On prescrit parfois des androgènes pour accroître le désir sexuel des femmes ménopausées. Une baisse importante de testostérone affecte en général le désir sexuel, aussi bien chez l’homme que chez la femme… mais ce n’est pas toujours le cas. La relation entre hormones et comportement sexuel est bien plus complexe chez l’homme que chez l’animal. Les femmes dont les quantités d’oestrogènes sont faibles ne perdent pas pour autant leur capacité à être sexuellement excitées ou à avoir des orgasmes.

Pouvez-vous nous parler de certains cas que vous avez rencontrés dans votre carrière?
Les hormones peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur la vie des personnes atteintes de troubles à ce niveau. Des cas, je pourrais en citer des milliers, mais, j’en ai choisi ici deux des plus saillants. 1er cas : Un adolescent de 17 ans est venu me voir en 2004 pour troubles de l’érection, déjà à l’examen clinique il me paraissait très poilu, une fois dévêtu il présente au fait une ambigüité sexuelle (2 sexes en même temps) après plusieurs explorations hormonales et radiologiques, il s’avère qu’il avait une tumeur virilisante à l’âge embryologique.( c’était un fœtus fille avec tumeur produisant l’hormone mâle). 2ème cas : Un malade envoyé par un médecin cardiologue pour hypotension associée à une diminution du cortisol (hormone surrénalienne), à l’examen on note l’absence de pilosité du visage associé à un micro pénis, après plusieurs explorations hormonales et radiologiques il s’avère qu’il présente une tumeur hypophysaire (dans le cerveau) qu’il fallait opérer.


La testostérone
La testostérone est la principale hormone sexuelle mâle. Chez l’homme, la testostérone joue un rôle clé dans la santé et le bien-être, en particulier dans le fonctionnement sexuel. Entre autres exemples, ces effets peuvent être une libido plus importante, une énergie accrue, une augmentation de la production de cellules sanguines et une protection contre l’ostéoporose. En moyenne, un homme adulte produit environ 40 à 60 fois plus de testostérone qu’une femme adulte, mais les femmes sont d’un point de vue comportemental (plus que d’un point de vue anatomique ou biologique), plus sensibles à l’hormone. Cependant à l’échelle d’une population, les gammes de concentration pour les hommes et les femmes sont très étendues, de telle sorte qu’elles se chevauchent respectivement pour les valeurs basses et hautes. À l’image des autres hormones stéroïdes, la testostérone est un dérivé du choléstérol. C’est dans les testicules que les plus grandes quantités de testostérone sont produites, mais elle est également synthétisée en plus petites quantités par les cellules thécales et les ovaires, la zone réticuleuse de la cortico-surrénale, et le placenta. Chez la femme, une grande partie de la testostérone est synthétisée par «conversion périphérique», c’est-à-dire sur le site même d’action, dans les tissus. (Cette conversion périphérique est la source principale de testostérone chez la femme ménopausée.) Si on considère l’ensemble des sources de testostérone chez la femme, en comptabilisant la conversion périphérique, on estime que la production chez la femme est d’environ 60% de la testostérone produite chez l’homme. Dans les testicules, la testostérone est produite par les cellules de Leydig. Vu la double fonction de la gonade mâle, la testostérone influe directement sur la spermatogénèse. Comme la plupart des hormones, la testostérone est amenée aux tissus cibles par le sang, dans lequel elle est liée à une protéine plasmatique de transport spécifique.

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