Dr Nabil Layachi : «Ramadan est un mois où l’on peut traiter des maladies et perdre du poids»

Dr Nabil Layachi : «Ramadan est un mois où l’on peut traiter des maladies et perdre du poids»

ALM : Quelles sont les habitudes alimentaires à adopter au Ramadan ?
Dr Nabil Layachi : Tout d’abord, on remarque un changement négatif dans les habitudes alimentaires pendant le mois de Ramadan. C’est un changement d’habitudes néfaste qui peut entraîner des maladies digestives, cardio-vasculaires, etc. Normalement, Ramadan est un mois où l’on peut traiter ces maladies et perdre du poids. Malheureusement, on remarque le contraire, car on a tendance à consommer des aliments riches en lipides aux dépens des fruits et légumes. Si l’on veut bien profiter du Ramadan, il faut manger équilibré le soir, éviter les calories et consommer des fruits. Aussi, comme les autres mois de l’année, on peut consommer trois repas par jour.

Que doit-on privilégier dans ces repas ?
Pour rompre le jeûne, il faut toujours commencer par un verre d’eau et trois dattes car elles sont riches en sucre rapide, en plus cela diminue la faim. Après dix minutes, on peut entamer le ftour. Ainsi, on peut prendre un jus, du lait, du thé avec du pain. Il faut que les éléments d’un même repas soient complémentaires : si l’on mange du pain, il faut éviter la harcha et les mlawi. Si l’on consomme ces deux derniers, il ne faut pas prendre la harira, ou sinon se contenter d’une soupe. On peut même prendre du miel et de l’huile d’olive. Tout cela en évitant de manger d’une façon rapide.
Après trois à quatre heures, il faut prendre le dîner en commençant par un fruit, une salade et un plat. Ce repas constitue la réserve pour le lendemain. D’ailleurs, on peut prendre des féculents car ils contiennent des réserves pour ne pas sentir la faim le lendemain. Mais, il faut surtout manger moins sucré et moins salé le soir. Pour le shour, il vaut mieux le prendre à trois heures ou quatre heures du matin et non à une heure du matin. Ce repas doit comprendre de l’eau et des dattes. Les dattes étant la première source d’énergie.

Quels sont les aliments à éviter pendant ce mois ?
Parmi ces aliments, je cite la chebakia qu’il faut éviter ou du moins en limiter la consommation durant ce mois. Parce que c’est un aliment hypercalorique et difficile à digérer. Il faut également éviter les fritures car elles peuvent augmenter le cholestérol.
Par ailleurs, il est formellement interdit aux diabétiques qui injectent de l’insuline de jeûner car ils risquent d’avoir une hypoglycémie. Quant à ceux qui souffrent d’ulcère, il faut éviter de manger trop gras, trop acide et trop épicé.

Certaines personnes font du sport en ce mois de jeûne. Que leur conseillez-vous ?
Pour ceux qui font du sport au Ramadan, il faut que cela soit un peu de temps avant la rupture du jeûne. Comme ça s’ils ont soif, ils pourront se rattraper au moment de la rupture du jeûne. Pour ceux qui commencent à peine à faire du sport durant le Ramadan, il faut que cela soit de manière progressive en commençant par la marche et en portant des habits légers pour ne pas augmenter la chaleur du corps.

Que conseillez-vous aux personnes âgées et aux enfants ?
Pour les personnes âgées et les enfants qui jeûnent pour la première fois, il faut qu’ils se mettent à l’abri du soleil pour leur éviter la déshydratation et la soif. Et il faut boire beaucoup d’eau le soir.

Bienfaits du Ramadan sur le corps 
La faim et la soif, engendrées par le jeûne, provoquent généralement la sécrétion d’acides de différentes glandes- lesquels acides s’appliquent à détruire de nombreux germes porteurs de maladies- et réactivent d’autres glandes dont le bon fonctionnement est mis en veilleuse en raison d’un système d’alimentation monotone et invariable des années durant. Ainsi le jeûne est une occasion de réhabiliter la fonction du mécanisme naturel déclenchant la sensation de faim et de soif réelles. Le corps du jeûneur profite encore d’autres avantages. Il est question d’une chute du taux de cholestérol dans le sang, ce qui réduit considérablement les risques d’accidents cardio et cérébro-vasculaires et prévient l’apparition de l’hypertension.  Des études prouvent qu’une privation d’eau pendant huit à dix heures n’est pas nécessairement mauvaise pour la santé ; elle permet de reposer le système rénal et produit une légère déshydratation en concentrant les liquides, ce qui allège le travail du cœur et augmenterait la longévité. Jeûner donne l’occasion à l’organisme de « faire le grand nettoyage » : il permet d’éliminer les graisses superflues, les toxines, les dépôts d’acide urique, etc. Cette cure de désintoxication lente relance des fonctions vitales jusque-là mises en veille et rend la personne plus sensible à ses besoins corporels. Une semaine de jeûne suffit pour observer une amélioration du tonus, un gain de vitalité et une perte de bourrelets !

 Contre-indications médicales au Ramadan
Selon les médecins, il est déconseillé aux personnes qui souffrent de maladies chroniques, tel que le diabète, de jeûner. Ceci vaut aussi pour les personnes souffrant de maladies chroniques autres que le diabète de type 2, comme les insuffisants rénaux, hépatiques et cardiaques comme les diabétiques insulinodépendants et les convalescents d’un infarctus du myocarde. Ces cas autant que les personnes âgées et les femmes enceintes, doivent, par ailleurs, demander conseil à votre médecin avant d’entamer un jeûne afin de décider du régime alimentaire à adopter et de l’horaire de la prise du traitement, pour les différents cas cités. Rappelons que la pratique du jeûne est interdite par l’Islam dès qu’il y a le moindre danger sur l’individu. De même, malades et voyageurs ont le droit de ne pas observer le jeûne, mais le devoir de s’y soumettre dès qu’ils sont en état de le faire. Les personnes atteintes de maladies chroniques sont appelées à prendre conseil auprès de leur médecin, notamment pour les cas de diabète, d’insuffisance rénale et d’ulcère gastrique. Par ailleurs, des études ont montré que les taux d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmentaient pendant la période du Ramadan chez les personnes à risque.

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