Dr Nadia Bezad : «Il faut démystifier la lutte contre le sida»

ALM : Quels sont les objectifs de cette campagne médicale?
Dr Nadia Bezad : Cette manifestation entre dans le cadre du plan d’action de l’OPALS qui a pour but de rapprocher les services de santé de la population éloignée des hôpitaux. Cette campagne s’assigne pour objectifs de faire bénéficier la population rurale démunie et enclavée de consultations spécialisées de prévention (ophtalmologie, pédiatrie, endocrinologie et gynécologie) et du dépistage du VIH, de susciter une mobilisation sociale autour de la problématique de la santé sexuelle et reproductive par des moyens de communication adaptés. La particularité de cette campagne réside dans le fait que nous avons intégré la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le sida dans un programme de santé sexuelle et reproductive. On a différentes consultations des généralistes, des gynécologues, des pédiatres, des ophtalmologues, etc. Il faut démystifier la lutte contre le sida pour que les gens demandent eux-mêmes à faire les tests. On donne aussi des préservatifs pour ceux qui les demandent. Pour cette campagne, nous avons mobilisé une trentaine de médecins et une vingtaine de paramédicaux en collaboration avec le ministère de la Santé et le Lions Club de Fquih Ben Salah. Pour les deux jours de la campagne, je suis sûre qu’on va dépasser le nombre de 2.500 personnes qui seront consultées. Sont ciblées par cette campagne médicale, la ville de Fquih Ben Salah et les communes de Hel Lmerbaa, Bni Oukil et Bni Chegdal. Notons qu’à l’OPALS, on est passé maintenant à un autre stade qui est la banalisation du test du sida.

Avez-vous déjà organisé des campagnes pareilles?
Nous avons déjà organisé d’autres campagnes médicales, à Beni Mellal, Marrakech, Tanger, Fquih Ben Salah, etc. En même temps, nous organisons, entre autres, des séances de sensibilisation avec des documents didactiques adaptés, des films sur la santé sexuelle et productive. Sur le plan national, nous disposons de seize sections qui travaillent avec acharnement pour sensibiliser les gens et lutter contre le sida. Nous organisons environ une douzaine de campagnes médicales à travers le Royaume, chaque année, surtout en été et dans les régions les plus éloignées.

Qu’en est-il du nombre des malades atteints du sida ?
Malgré les efforts considérables qui sont déployés pour lutter contre cette maladie qui tue à petit feu, le nombre des malades ne cesse d’augmenter. Et c’est la raison pour laquelle nous avons intégré la lutte contre le sida dans un programme de santé sexuelle et reproductive.
Quelles sont les contraintes qui compromettent la lutte contre le sida ?
Il n’y a pas de contraintes au niveau de la mentalité des gens. La preuve, c’est le grand nombre de gens qui se bousculent pour voir les médecins et faire les tests. Si problème il y a, c’est qu’il faut que le personnel soit nombreux et plus d’un mois pour répondre aux besoins de toute cette population.
A cette occasion, je rends un grand hommage aux autorités locales, au ministère de la Santé et au personnel de Santé de Fquih Ben Salah et de Beni Mellal pour leur excellente collaboration.

Et qu’en est-il de la section de l’OPALS à Beni Mellal ?
A Beni Mellal, l’OPALS est très dynamique. C’est un groupe de cadres très ambitieux qui demande toujours d’organiser un grand nombre de campagnes médicales et de séances de sensibilisation.
Ainsi, je rends un grand hommage au Dr Mostafa Cheddad, président de l’OPALS à Beni Mellal, qui ne ménage aucun effort pour réaliser les résultats escomptés dans la lutte contre le sida dans la région.

Quelle est votre stratégie de lutte contre le sida sur le plan national ?
Le ministère de la Santé a élaboré un plan stratégique national en collaboration avec l’OPALS. Ainsi, nous avons créé seize Centres de traitement ambulatoire. Et on a un programme de prévention qui cible, entre autres, les jeunes, les femmes, les hommes, les travailleuses de sexe, les migrants, les routiers. On dispose aussi d’un réseau d’ONG de lutte contre le sida.

Quelles sont vos perspectives d’avenir dans la lutte contre le sida ?
Nous avons intégré le sida dans un programme de santé sexuelle et reproductive. On a aussi un programme pour l’éducation sexuelle. L’OPALS organisera un grand nombre de campagnes médicales et de sensibilisation au Maroc surtout dans les régions les plus démunies et éloignées. En somme, nous disposons d’un plan d’action et d’un programme riche pour lutter contre le sida.

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