Drame de la jalousie : Un coup de faucille mortel

Chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida. Hamid est au banc des accusés. Il attend avec d’autres mis en cause l’ouverture de l’audience. Dès l’entrée des cinq magistrats, du représentant du ministère public et du greffier dans la salle d’audience, l’assistance se lève par respect à la Cour. Le président commence à feuilleter les dossiers et à appeler les personnes concernées à la barre. Après avoir reporté quelques dossiers, il a appelé Hamid. Ce père de famille, âgé de trente-deux ans est accusé d’avoir tué sa femme. “Je n’avais pas l’intention de la tuer“, déclare-t-il à la Cour. Pourtant, il avoue lui avoir asséné un coup de faucille.
Aïcha l’avait séduit quand il était encore adolescent au point qu’il l’a follement aimée. Un amour qui a débouché quelques années plus tard sur un mariage. Les deux jeunes gens vivaient dans une harmonie parfaite. Bien que leur foyer n’ait pas connu la naissance d’un enfant, leur relation conjugale s’est poursuivie sans le moindre problème. En effet, l’amour qui coiffe leur entente était un ciment unificateur face aux aléas de la vie. Pourquoi cet amour s’est-il transformé en haine, allant jusqu’au meurtre ?
Hamid ne sait quelle mouche l’a piqué quand il a commencé à s’inquiéter du changement qu’il a remarqué chez son épouse. “Son comportements a changé dernièrement“, explique-t-il à la Cour. Il en ignorait les raisons. “Et, étrangement, mon voisin (…) m’a demandé si c’était moi qui avais permis à ma femme à parler avec Saïd“, précise-t-il. cette question lui a mis la puce à l’oreille. Pourquoi sa femme ose-t-elle adresser la parole à Saïd quand elle le rencontre au douar ? s’interroge-t-il devant la cour. Ses conversations avec Saïd, devant les habitants du douar ne prouvent pas qu’elle entretienne une relation avec lui, lui explique le président de la cour qui lui demande de présenter d’autres arguments pour justifier son comportement criminel contre sa femme. Une justification qui ne le disculperait pas, mais qui pourrait lui permettre de bénéficier de circonstances atténuantes.
Au fil des réponses, Hamid a expliqué à la Cour que sa femme l’avait ensorcelé au point qu’elle se permettait de l’empêcher de partager avec elle le même lit. “Quand je le lui reprochais, elle n’hésitait pas à m’insulter“, dit-il à la Cour. Elle le considérait comme un impuissant sexuel et se réfugiait chez sa famille quand ils entraient en litige. Une situation que Hamid ne supporte plus au point qu’il lui demande si elle veut divorcer. Aïcha lui a exprimé son refus de divorcer et lui a expliqué qu’il se faisait de fausses idées. Seulement, ses paroles deviennent sans effet, quand il l’a surprise en compagnie de Saïd en train de converser. Il était de retour de son travail dans les champs. Quand il l’a aperçue, son sang n’a fait qu’un tour. Perdant tout contrôle de ses nerfs, il s’est avancé vers elle. A ce moment, Saïd est rentré chez lui sans prononcer un seul mot, la laissant face à son mari. Ce dernier s’est planté devant Aïcha, lui a demandé des explications.
Elle est restée bouche-bée. Il lui repose les mêmes questions. Elle n’a pas réagi. Hors de lui, le mari a asséné à sa femme un coup de faucille au niveau du sein gauche et a couru vers les champs. Quand à Aïcha, elle a effectué quelques pas avant de s’effondrer devant le seuil de son domicile. Les enquêteurs de la Gendarmerie royale se sont dépêchés sur les lieux pour entamer leurs investigations. Aussitôt, Hamid est sorti du champ où il s’était réfugié pour se présenter devant eux. “C’est elle qui m’a provoqué “, explique Hamid à la cour. Cette dernière l’a condamné, après délibérations, à 10 ans de réclusion criminelle. Seulement, une question reste sans réponse : le trompait-t-elle vraiment? Saïd l’a innocentée devant la Cour quand il a été convoqué pour témoigner.

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