Drame pour l’honneur

“Il ne se passe pas un jour sans qu’on lise dans la presse, une affaire d’homicide dans une ville marocaine…C’est inconcevable qu’on arrive à un tel taux de la criminalité…“ avoue un employé à son ami, ce samedi 23 mars, lorsqu’ils s’installent dans un café de la ville de Fès. “Au Maroc comme ailleurs, il y a eu toujours des crimes.
C’est seulement la presse qui s’est plus ouverte sur les faits divers…“ lui répond son ami. “ Non, non, il paraît que la criminalité a connu vraiment un essor sans précédent au Maroc… et le plus étrange, c’est que le mobile de ces crimes est souvent futile…comme par exemple l’affaire d’hier au quartier Takaddoum…“ lui confirme-t-il. Et il commence à lui raconter : Abdelghani est un jeune de vingt-cinq ans, employé dans une société privée. Respectable et honnête, il jouissait d’une bonne réputation au quartier Takaddoum, à Fès. Mais l’amour peut changer les comportements et parfois jouer des tours à un jeune comme Abdelghani.
Un changement qui n’arrive pas à porter atteinte à autrui, mais qui encourage, au moins, de se comporter autrement. Abdelghani, n’avait jamais parlé à une fille de son quartier, ni harcelé l’une d’elles. Il se respectait toujours. Mais son amour à Samira va changer cette donne.
Cette élève de dix-sept ans, charmante, avec des beaux yeux, l’a séduit, lui a ébranlé le coeur, ne lui a plus laissé la raison pour maîtriser ses comportements. Il ne pense plus qu’à elle et fait tout son possible pour la rencontrer au quartier, devant les yeux des voisins, pour lui parler, lui exprimer son amour. “Non je ne te parle pas…“ lui répond-t-elle à chaque fois qu’il lui demande de lui consacrer une seule minute pour lui dire deux mots. Refuse-t-elle par orgueil ou elle ne veut vraiment pas de lui ? La réponse n’importe pas Ahmed, le frère de Samira âgé de vingt ans et qui se débrouille tant bien que mal pour gagner sa vie. Sa soeur lui relate son problème avec Abdelghani. Ahmed se sent immédiatement concerné, n’est-ce pas une affaire d’honneur ?. Et ce qui l’intéresse maintenant est qu’Abdelghani laisse sa soeur tranquille, qu’il ne le dérange plus. Il s’est adressé, un jour, à lui, lui a demandé de ne plus parler à sa soeur. Abdelghani ne réagit pas, se contentant seulement de baisser la tête comme un petit enfant. Mais apparemment, il n’avait pas l’intention de renoncer à ses sentiments envers Samira. “Je t’aime…Je n’y peux rien faire…“ lui répétait-il chaque fois qu’elle le repoussait. Samira s’adresse de nouveau à son frère, Ahmed. Ce dernier décide de réagir différemment pour qu’Abdelghani cesse de persécuter sa soeur.
Vendredi 22 mars vers seize heures, Ahmed rencontre en plein quartier Takaddoum, Abdelghani, et le surprend par un coup de poing sur le visage. Celui-ci tombe par terre. Ahmed lui assène un coup de pied. Les badaud s’attroupent et essayent d’interrompre la bagarre.
Finalement ils finiront par séparer les deux protagonistes, pensant qu’ils ne se batteraient plus. Vers vingt-deux heures, Abdelghani sort de chez lui pour trouver Ahmed à son attente, dans un état d’ivresse, et qui se dirige vers lui. Ignorant les intentions de son adversaire, Abdelghani s’arrête après quelques pas. Ahmed se tient debout devant lui, sa main droite derrière son dos.
Abdelghani, qui ne pensait pas que son amour à Samira lui coûterait la vie, est mortellement poignardé au niveau de la poitrine pour finir six pieds sous terre. Ahmed attend son jugement par la Chambre Criminelle près la Cour d’Appel de Fès alors que Samira est en train de cuver son chagrin, regrettant d’avoir mis son frère au courant de son histoire.

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