Drogue : l’enquête fait son chemin

Drogue : l’enquête fait son chemin

Malgré les vacances judiciaires du mois d’août, la Cour d’appel de Tétouan ne désemplit pas. Les cinquante-huit personnes arrêtées dans le cadre d’un vaste coup de filet seront entendues demain mercredi par le magistrat chargé de l’instruction de l’affaire à la cour d’appel de Tétouan, le juge Arâr. Il s’agit d’un grand réseau de trafiquants de drogue arrêtés à la suite d’un règlement de compte armé entre deux gangs, celui de Mounir Arramach et de Hicham Harboul. Le premier est aujourd’hui arrêté alors que le deuxième est en fuite depuis un mois environ. Ces arrestations ont permis à la police d’appréhender également plusieurs hauts responsables de la sécurité civile et militaire ainsi que onze magistrats. Rappelons que lors de la dernière confrontation entre le juge d’instruction et six membres du réseau de trafiquants, il y a une semaine, les avocats de la défense s’étaient retirés du bureau du juge d’instruction en signe de protestation contre le comportement de ce dernier qualifié «d’irrespectueux à leur égard ». Selon des sources proches du dossier, l’instruction pourrait être probablement confiée à un autre juge de la cour d’appel de Tétouan. A cause de cet incident, le juge Arâr avait reporté l’interrogatoire au mercredi 27 août. C’est donc demain que les prévenus vont continuer à défiler devant lui. Déjà, certains accusés ont pu bénéficier d’une liberté provisoire en attendant le procès. Les autres, les plus dangereux, sont toujours en détention dans la prison civile de Tétouan. Plusieurs autres barons tétouanais du trafic de drogue sont en fuite et activement recherchés par les services de sécurité. Selon des sources policières, ils auraient vraisemblablement quitté le Maroc vers l’Espagne. Quant aux hauts responsables sécuritaires poursuivis, ils le sont pour corruption et trafic d’influence. Leurs noms avaient été divulgués par Mounir Arramach. Ils ont tous été présentés au juge d’instruction de la Cour Spéciale de Justice (CSJ) à Rabat. Ce tribunal est compétent pour toutes les affaires dans lesquelles sont impliqués des fonctionnaires de l’Etat. Les gendarmes, les militaires, les juges et les policiers impliqués vont tous être interrogés par un juge d’instruction de la CSJ. Ce dernier approfondira l’enquête pour déterminer avec exactitude les faits qui leurs sont reprochés. Notons qu’hormis les gendarmes, les autres responsables n’ont pas reconnu leur implication directe ou indirecte dans le trafic de drogue. Par ailleurs, d’autres arrestations ont eu lieu à Tétouan, en marge de cette affaire. C’est le cas du multimilliardaire Mustapha Benaboud, et son frère Abdelali. Ils sont accusés de trafic de drogue. Les Benaboud opèrent dans plusieurs secteurs, notamment le mobilier de maison, le sanitaire et la pêche. En outre, samedi dernier, ce fut le tour de notre confrère Houssine Majdoubi d’être arrêté. Installé à Madrid et correspondant de l’hebdomadaire Al Ayam, d’Al Alam (parti de l’Istiqlal) et d’un journal tangérois, Achamal, son nom aurait été mentionné par un des trafiquants de drogue lors de l’enquête. Ce dernier aurait accusé Majdoubi d’avoir touché une somme de 10.000 dirhams en contrepartie d’un article paru le 8 août 2003 sur les colonnes d’Alam, relatif à cette même affaire. Une accusation un peu farfelue par rapport à la gravité de la situation. Majdoubi serait présenté à la CSJ. Actuellement il est toujours à la BNPJ de Casablanca. En outre, plusieurs membres de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme ont organisé hier un sit-in devant le bureau d’Al Alam à Tétouan. Une grève de faim a été également observée en protestation contre l’arrestation de Majdoubi.

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