Drogues : Plaidoyer pour l’accès des usagers à leurs droits à Tanger

Drogues : Plaidoyer pour l’accès des usagers à leurs droits à Tanger

Les deux centres d’addictologie de la ville dépassés par la recrudescence du fléau

En plus de l’héroïnomanie, seul cas de dépendance traité par la méthadone, les responsables, les militants associatifs et les autres acteurs locaux concernés semblent désemparés devant le nombre croissant de personnes dépendantes des autres produits stupéfiants tels que les comprimés psychotropes, le cannabis ou l’alcool.

La ville du détroit compte, à l’instar de la plupart des zones urbaines et rurales de la région du Nord, un nombre important de toxicomanes, dont seulement 800 héroïnomanes bénéficient actuellement d’un traitement de substitution à la méthadone. C’est du moins ce qui ressort d’une campagne de plaidoyer organisée, mercredi 14  décembre, sur l’accès des usagers à leurs droits. Initiée par l’Association Hasnouna de soutien aux usagers de drogues (AHSUD) à Tanger, les travaux de cette manifestation ont été marqués par présentation des grandes lignes de la stratégie de réduction de risques (RDR) liée à la toxicomanie, qui continue de se développer depuis les années 80. Les données émises lors de cet événement font part qu’en plus de l’héroïnomanie, seul cas de dépendance traité par la méthadone, les responsables, les militants associatifs et les autres acteurs locaux concernés semblent désemparés devant le nombre croissant de personnes dépendantes des autres produits stupéfiants tels que les comprimés psychotropes, le cannabis ou l’alcool. Concernant la RDR, cette approche socio-sanitaire adoptée en 2007 par l’AHSUD permet, en plus de la baisse de la consommation des produits illicites et le renforcement de la confiance et l’estime en soi, de réduire les risques sociaux. Du fait que «les effets de la consommation des stupéfiants entraînent la désintégration familiale, la délinquance et la marginalisation», a affirmé Faouzia Bouzitoune, responsable du Centre de formation Hasnouna dans le domaine de la réduction des risques liés à l’usage de drogues.

La RDR permet aussi la baisse de transmission du VIH et les hépatites virales. Et parmi les actions menées par l’AHSUD dans le cadre de cette approche socio-sanitaire, il y a lieu de citer le travail de terrain mené par l’association Hasnouna dans les quartiers les plus fréquentés par des usagers comme Msalah ou Béni Makada. Ces visites sont généralement accompagnées de la distribution de kits d’injection et préservatifs, l’orientation vers les structures spécialisées, l’accueil psychosocial, … Toujours est-il que «le traitement des toxicomanes de leur addiction relève particulièrement de leurs propres initiatives», a précisé Mme Bouzitoune.

Vu le nombre croissant de toxicomanes, Tanger sera dotée de deux nouveaux centres d’addictologie dont les travaux de construction de l’un d’eux ont été lancés par SM Mohammed VI, début juillet 2016, au quartier Mghogha. Ce dernier projet, s’étendant sur une superficie de 1.500 m2, prévoit la mise en place d’un pôle d’accompagnement social et de réduction des risques et un pôle médical. En attendant la mise en service de ces deux projets, Tanger ne compte actuellement que deux centres d’addictologie de Hasnouna et Bir Chifae, dont la capacité d’accueil n’est pas en mesure de faire face à la recrudescence de ce fléau. Ils bénéficient, tous les deux, du soutien de l’AHSUD, seule association locale très active dans la lutte contre ce fléau. «Notre mission est de s’occuper de la prévention, l’information et l’orientation des usagers. Nous servons pour ceux, dont la durée de traitement ayant déjà dépassé une année, d’intermédiaire auprès des entreprises pour faciliter leur insertion professionnelle», a souligné Mme Bouzitoune.

Le suivi médical des toxicomanes au niveau de ces deux centres est assuré par le ministère de la santé. «Malheureusement le traitement reste limité à l’héroïnomanie par la méthadone», a dit Mme Bouzitoune, faisant remarquer que sur 3.000 héroïnomanes que compte Tanger, «1.800 sont sous traitement à la méthadone, alors que 500 autres sont inscrits sur la liste d’attente».

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