Droits de l enfance : Le mea culpa de Bassima Hakkaoui

Droits de l enfance : Le mea culpa de Bassima Hakkaoui

L’évaluation à mi-parcours du dispositif mis en place pour assurer la protection des droits de l’enfant n’est pas satisfaisante et impose d’entreprendre davantage, a déclaré la ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social mardi à Rabat.

Bassima Hakkaoui a fait cette déclaration à l’ouverture, aux côtés du délégué interministériel aux droits de l’Homme et du représentant du Conseil de l’Europe, d’une journée d’étude sur la Convention du Conseil de l’Europe sur «la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels». Elle a précisé que les actions mises en œuvre sur ce plan n’ont pas atteint le niveau de performance requis et elle s’est prononcée en faveur d’un partenariat renforcé entre son département et le Conseil de l’Europe.

Elle a estimé que cette perspective est plus que souhaitable à l’orée de la 2ème phase du dispositif de protection de l’enfance qui débute l’année prochaine. Elle a également considéré que le futur de l’action en matière de promotion et de garantie des droits de l’enfant se présente sous de meilleurs auspices du fait que le Maroc «dispose désormais d’une vision unitaire et globale ainsi que de politiques publiques intégrées dans ce domaine».

Bassima Hakkaoui qui s’est félicitée de la continuité et de la haute qualité de la coopération avec le Conseil de l’Europe a laissé entendre que le fait que le Maroc ait adopté et mis en œuvre «une nouvelle batterie de règles et de mécanismes dédiés à la protection de l’enfance, le prédispose à adhérer de manière plus prononcée aux conventions et aux normes internationales et partant, à rejoindre le groupe des pays soucieux de parfaire leur dispositif de protection des droits de l’Homme». L’importance de cette journée d’étude, a-t-elle affirmé, est d’élargir le débat qui s’est instauré entre les différents intervenants dans le domaine des droits de l’enfance «afin d’élaborer un cadre normatif à la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels».

Elle a conclu que l’avenir du dispositif étant dans les actions de proximité, d’alerte, et d’information concernant les atteintes aux droits des enfants, le rôle du tissu associatif est primordial. Malgré cet appel du pied, les associatifs n’ont pas répondu en masse à l’appel de la ministre les invitant à la journée d’étude où ils étaient particulièrement rares et, en tout cas, moins nombreux que les représentants des ministères associés.

C’est également d’engagement du Maroc à respecter les droits de l’Homme et ceux des enfants notamment que le délégué interministériel aux droits de l’Homme a fait référence dans son allocution. Mahjoub El Haiba a rappelé que le Maroc qui a adhéré à 9 conventions internationales de protection des droits de l’Homme «assortis de leurs mécanismes de contrôle» aspire à un partenariat plus poussé avec les organismes onusiens ou européens chargés de ces questions.

Il a déclaré que la volonté du Maroc d’aller plus avant sur cette voie est ferme et a rappelé que le Royaume a reçu quelque 8 visites spéciales d’organismes chargés de l’évaluation des progrès accomplis par les Etats dans le domaine des droits de l’Homme. Il a ajouté que l’objectif de l’approche est «d’affermir l’interaction avec le système onusien des droits de l’Homme et surtout, du système européen intégré».

La journée d’étude, initiée à Rabat et qui intervient 6 mois après la signature – en mars dernier- de la convention dite de Lanzarote sur la protection de l’enfance contre la violence, l’exploitation et les abus sexuels, est le fruit du partenariat avec le Conseil de l’Europe sur la protection des enfants et l’ambassade de Norvège. Un fléau difficilement quantifiable, a affirmé Mahd Eremil, coordinateur du bureau du Conseil de l’Europe à Rabat.

On convient, a-t-il ajouté, qu’un enfant sur cinq a été victime de sévices sexuels en Europe. Il a appelé à de nouvelles formes de coopération avec le Maroc car de grands dangers menacent l’enfance du fait du mauvais usage fait par les outils engendrés par le progrès technique, tels que les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

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