Droits de l’Homme : l’AMDH accuse

L’Association marocaine des droits humains a rendu publique, Vendredi dernier, une liste comportant les noms de 45 personnes présumées responsables d’atteintes graves aux droits de l’Homme dans les « années de plomb » (1960-1980). Dans une lettre ouverte au ministre de la Justice Omar Azziman, l’AMDH a joint une « liste actualisée » des personnes concernées comprenant, notamment les noms de hauts responsables de l’armée et de la police. L’Association affirme disposer de « présomptions sur leur implication dans les crimes d’enlèvement, d’assassinat, d’arrestation arbitraire et de torture ». L’Association précise, dans cinq cas, que les personnes citées sont décédées. En décembre 2000, l’AMDH avait publié une première liste de responsables présumés d’atteintes aux droits de l’Homme, qui comportait 14 noms. « Nous vous demandons de donner l’ordre au Ministère Public d’ouvrir une enquête sur les personnes impliquées dans les crimes d’assassinats, enlèvements et tortures et de se rendre dans les lieux où ces crimes avaient été commis », indique la lettre de l’AMDH. L’Association marocaine a également rappelé que l’ancien agent secret du service de contre-subversion, Ahmed Boukhari, a apporté de « nouveaux éléments » dans ses témoignages sur l’affaire Benbarka, publiés l’été dernier par le quotidien français «Le Monde» et un hebdomadaire marocain. « Bien qu’Ahmed Boukhari ait déclaré à plusieurs reprises aux médias nationaux et étrangers qu’il avait assisté et participé à des crimes portant atteinte au droit à la vie, aucune enquête n’a été ouverte jusqu’ici », note l’AMDH. Au lieu de cela, ajoute l’association, le Ministère Public a, selon elle, « oeuvré à faire pression sur lui, pour le faire taire ». l’AMDH a enfin déploré la « non- coopération » de la justice marocaine avec la justice française, malgré l’existence d’un accord judiciaire entre les deux pays remontant à 1957. L’Association évoque une demande de renseignements émanant d’un juge français, concernant quatre français impliqués dans l’affaire Benbarka. Il n’aurait reçu, selon l’association, aucune réponse. Elle cite également le juge Jean-Baptiste Parlos qui a envoyé deux convocations à Ahmed Boukhari sans que ce dernier ait pu se rendre à Paris. convoqué les 19 juillet et 7 septembre derniers, Boukhari n’avait pu quitter le Maroc, faute de passeport puis en raison de son incarcération pour « chèques sans provision ».L’Association conduite par Abdelhamid Amine a par ailleurs dénoncé un « rétrécissement » en 2001 des libertés et des droits de l’Homme au Maroc , dans une « déclaration » préparée pour la journée internationale des droits de l’Homme qui sera célébrée le 10 décembre. Elle a notamment cité la saisie ou interdiction de journaux et de procès intentés contre des journalistes et des militants des droits de l’homme.

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