Droits de l’Homme : Le Maroc progresse

Chaque année, à la même période, le 10 décembre, on célèbre mondialement les droits de l’Homme. Qu’en est-il au Maroc ? Le bilan vacille entre avancées et reculs. Une situation plutôt compliquée due, pour les associations qui militent pour les droits de l’Homme, aux promesses sans suite du gouvernement. «Rien qu’un exemple : celui du code de la nationalité. Le projet est là, mais son exécution se fait attendre. Ce sont toujours des déclarations sans plus», confie Abdessalam Adib, responsable de la section Rabat de l’Association marocaine des droits humains. Mercredi dernier, c’est justement contre ce retard de mise en œuvre du code de la nationalité que l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a observé un sit-in devant le siège du ministère de la Justice. Elle a protesté contre «les tergiversations du gouvernement face à une question qui fait l’unanimité».
L’ADFM a souligné que le gouvernement s’est engagé à lever ses réserves sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Cette dernière garantit, en effet, à la femme le droit de transmettre sa nationalité à ses enfants tout comme c’est le cas pour l’homme. «Nous avançons à un rythme long et dispersé dans la mesure où il existe, à présent, un dialogue qui n’est pas institutionnalisé», précise Amina Bouayach, présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH).  Pour cette dernière, c’est dans le fait qu’on «parle plus facilement du sujet» que réside l’avancée en matière de droits de l’Homme au Maroc.
Notre pays se montre donc un peu plus ouvert, mais «dispersé», car l’OMDH constate un manque de «mécanismes de visibilité» grâce auxquels les efforts déployés dans ce domaine pourraient être un peu plus clairs. «Le choix pour la démocratie est fait et les réformes ont un coût, alors il faut fixer des délais et des priorités à réaliser chaque année», indique Mme Bouayach. Définir des lignes et les suivre jusqu’au bout quel que soit le coût, c’est ce qu’implique l’engagement du Maroc pour le changement. Une étape très importante pour avancer et surtout construire un chemin vers une cible : le respect des droits de l’Homme. Pour cela, il faudra penser également à mieux orienter les associations. «Nous n’avons pas un interlocuteur permanent. C’est tantôt le Conseil consultatif des droits de l’homme, tantôt le ministère de la Justice. Et cela disperse les associations et crée une surenchère», insiste la présidente de l’OMDH.
Le coût à payer pour les droits de l’Homme réside aussi dans la nécessité de sanctionner les violations commises. C’est une priorité pour les associations qui militent pour les droits de l’Homme.
L’OMDH en fait, d’ailleurs, son premier souci pour que les droits de l’Homme aient une crédibilité. Cette organisation compte même proposer au ministère de la Justice, à la fin de ce mois-ci, un mémorandum proposant des stratégies à intégrer dans le mécanisme de la justice.
  
 

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