Droits des enfants en 2014: Le Maroc toujours à la traîne

Droits des enfants en 2014: Le Maroc  toujours  à la traîne

Beaucoup reste à faire pour promouvoir les droits des enfants au Maroc. Dans son dernier rapport sur la situation des droits des enfants en 2014 intitulé «Chaque enfant compte, dévoiler les disparités, promouvoir les droits de l’enfant», l’Unicef relève de nombreuses carences et des disparités de taille entre le milieu urbain et rural.

Celles-ci sont perceptibles en analysant tant les indicateurs économiques que ceux relatifs à l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable… En examinant les indicateurs de base, notamment la mortalité des moins de 5 ans, le rapport note que le nombre annuel de décès est encore élevé. Celui-ci s’est chiffré à 23.000 en 2012.

L’accès à l’eau potable et l’assainissement constituent un sérieux problème en milieu rural. A ce sujet, le rapport mentionne que 61% des Marocains en milieu rural ont accès à l’eau potable contre 98% en milieu urbain. Toujours selon le document, ils ne sont que 52% dans le rural à avoir accès aux installations sanitaires. Ces disparités sont palpables au niveau des naissances assistées. Dans le rural, l’Unicef relève que durant la période 2008-2012, seulement 55% des naissances sont assistées par un personnel soignant qualifié contre 92% en ville. L’autre sujet qui fâche est le travail des enfants.

Il touche encore 8%  des jeunes. Rappelons à ce sujet que les dernières statistiques du Haut-Commissariat au Plan (HCP) font état de 123.000 enfants âgés de 7 à 15 ans en situation de travail en 2011. Quant au mariage des mineurs, le rapport mentionne qu’ils sont 3% à s’être mariés à l’âge de 15 ans. En matière d’éducation, les disparités persistent entre les deux sexes tant à l’école primaire que secondaire. Pour cet organisme des Nations Unies, l’équité dans la jouissance du droit à l’éducation doit figurer au cœur des stratégies et plans d’actions de ce secteur.

L’objectif étant de garantir ce droit à tous les enfants indépendamment de leurs sexes, de leurs conditions physiques et socio-économiques, ou du milieu où ils vivent. Malgré tous ces obstacles, l’Unicef relève que des progrès ont été réalisés  au niveau du taux de mortalité des moins de 5 ans qui constitue l’un des indicateurs les plus importants du bien–être des enfants. Ce taux a ainsi régressé en passant de 187‰ en 1970 à 80‰ en 1990 et à 31‰ en 2012.

Le Maroc a aussi réalisé des progrès notables dans le secteur de la santé  comme en témoigne l’espérance de vie à la naissance (71 ans en 2012), l’atteinte d’un taux de couverture vaccinale avoisinant les 99%.  

En dévoilant  ces chiffres, l’Unicef souhaite fournir aux gouvernements des informations concrètes sur lesquelles ils seront en mesure de fonder leurs décisions et leurs actions pour améliorer la vie des enfants. Pour l’Unicef, le plus important est que les décideurs utilisent les données pour apporter un changement positif et que celles-ci permettent aux enfants et aux communautés de demander des comptes aux responsables.

L’Unicef  relève dans  son dernier rapport que quelque  6,6 millions  d’enfants de moins de 5 ans sont morts  en 2012, la  plupart  de causes évitables, les privant de  leur droit fondamental  de survivre  et de se développer.

Un rapport déjà critique en 2013

Dans son rapport publié en 2013 intitulé «L’équité pour accélérer la réalisation des droits des enfants au Maroc», l’Unicef avait déjà dressé un bilan alarmant en pointant du doigt les disparités importantes entre le milieu rural et le milieu urbain, ainsi que les catégories sociales dans la réalisation des droits de l’enfant. Des inégalités importantes qui ont été notifiées  à plusieurs niveaux: éducation, mortalité infantile, accès à l’eau potable, assainissement et logement décent.

L’Organisation des Nations Unies avait aussi  relevé dans son document  que les progrès constatés sur la base des moyennes nationales peuvent cacher des disparités importantes en termes de pauvreté et de développement des enfants au sein des régions et des catégories sociales du pays. «Les progrès notoires dans différents domaines ne doivent pas cacher les contraintes nombreuses dans la réalisation des droits des enfants dans plusieurs secteurs (santé, éducation, protection…)», notait le rapport. De plus, les moyennes nationales de plusieurs secteurs représentent des taux en décalage avec les moyennes régionales. En dénonçant ces inégalités, l’Unicef souhaite que les droits des enfants soient réalisés avec équité.

6,6 millions d’enfants sont morts en 2012

En dépit de  progrès considérables   accomplis au cours des dernières décennies, l’Unicef relève dans son dernier rapport que quelque 6,6 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts en 2012, la plupart de causes évitables, les privant de leur droit fondamental de survivre et de se développer. Parmi les autres données alarmantes, on notera que  15% des enfants dans le monde  travaillent, ce qui compromet leur droit à être protégés  contre l’exploitation économique et porte atteinte à leur droit d’apprendre et de jouer. Autres chiffres alarmants : 11 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans. Ce qui vient mettre en péril leurs droits à la
santé, à l’éducation et à la protection. Par ailleurs, l’Unicef note que le droit de vivre à l’abri de tout traitement  cruel ou dégradant est violé lorsque les enfants sont soumis à une discipline imposée par la violence à la maison ou à l’école.

L’école pour tous    

Chaque année, environ 340.000 enfants, adolescents et jeunes scolarisés, abandonnent l’école au Maroc. En 2012, l’Unicef avait appelé à une mise en œuvre effective de l’obligation de scolarité et à mettre fin aux disparités qui marquent ce droit.  Pour cet organisme des Nations Unies, il faut  garantir le droit à l’éducation  à  tous les enfants indépendamment de leurs sexes, de leurs conditions physiques et socio-économiques, ou du milieu où ils vivent.  

S’agissant  de la scolarisation au primaire, l’Unicef relève que le Maroc a affiché des progrès avec un taux de l’ordre de 98%. Cela dit, plus de 2% des enfants sont toujours exclus de l’école primaire. Ce qui va à l’encontre même de la convention des droits de l’enfant qui précise ^dans son article 28 que les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation. Pour l’Unicef, l’enseignement primaire obligatoire et gratuit est une priorité.

Que recommande la Convention relative aux droits de l’enfant ?

En ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) en 1993, le Maroc considère que   les enfants sont des personnes qui ont des droits qui doivent être respectés au même titre que ceux des adultes. Le Royaume s’est engagé à respecter les quatre grands principes qui constituent l’essence même de la convention à savoir la non-discrimination, l’intérêt supérieur, la vie, le droit de l’enfant à exprimer librement son opinion.

–  La non-discrimination ou l’universalité (article 2) : Tous les enfants ont des droits, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou autre, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur naissance ou de toute autre situation.

– L’intérêt supérieur (article 3) : l’Intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui concernent l’enfant.  

– La vie, la survie et le développement (article 6) : Tous les enfants ont le droit de vivre, de survivre et de se développer – physiquement, mentalement, spirituellement et moralement, psychologiquement et socialement – dans toute la mesure de leurs potentialités.  

– Le respect de son droit à exprimer librement son opinion (article 12) : Les enfants ont le droit d’exprimer librement leur opinion sur toute question qui les touche, et que celle-ci soit prise au sérieux.
 

 

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