Droits des femmes : Il reste encore à faire

Droits des femmes : Il reste encore à faire

Les Marocaines continuent d’être sous-représentées en politique tout comme la plupart des pays de la région Mena. Les élections communales ont marqué un tournant.

L’analyse de l’évolution des droits des femmes dans notre pays démontre que malgré les efforts menés par le gouvernement, les inégalités et les discriminations sont encore réelles et ce à différents niveaux : analphabétisme, difficultés d’accès aux soins, faible représentation politique, faible employabilité des femmes, vulnérabilité sans omettre une plus forte exposition à la marginalité et à la violence. Un long chemin reste à parcourir pour atteindre la parité tant escomptée entre les deux sexes et rendre ainsi effectifs les objectifs constitutionnels. Comment atteindre la parité hommes-femmes alors que la création de l’Autorité pour la parité tarde toujours à voir le jour. Et pourtant, la mise en place de cette institution était prévue dans la Constitution de 2011. Celle-ci est censé veiller au respect des droits et des libertés, de lutter contre la discrimination et de veiller à la réalisation de la parité entre les deux sexes. Il faut aussi faire remarquer que le projet de loi contre les violences faites aux femmes se fait toujours attendre pour adoption en raison de l’inactivité du Parlement. Et par conséquent, il est toujours bloqué au niveau de la deuxième Chambre. En attendant, il n’y pas de loi en mesure de protéger les victimes et il ne faut pas s’étonner si peu d’entre elles osent sauter le pas pour dénoncer ce qu’elles ont vécu. A ce sujet, rappelons que le Haut-Commissariat au Plan (HCP) avait révélé que 55% des femmes mariées, soit 3,7 millions, ont subi un acte de violence en milieu conjugal. La plupart d’entre elles sont jeunes, n’ont aucun niveau scolaire et se sont mariées avant l’âge de 25 ans.

Par ailleurs, l’analphabétisme touche encore une grande partie des Marocaines. L’accès des femmes à l’éducation est primordial car il constitue non seulement un droit fondamental mais également un catalyseur du développement d’un pays. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, le secrétaire général de l’ONU a insisté sur les retombées positives de l’éducation en indiquant : «L’accès des femmes à l’éducation et aux services de santé a sur leur famille et les communautés dans lesquelles elles vivent des retombées positives qui s’étendront aux générations futures. Une année de scolarisation supplémentaire peut se traduire par une augmentation allant jusqu’à 25 % du revenu qu’une fille pourra toucher quand elle aura atteint l’âge adulte». Il en va de même pour l’emploi. La participation des femmes dans le marché du travail est porteuse de croissance.

Pour ce qui est de la représentativité des femmes en politique, peu d’avancées ont été réalisées. Les Marocaines continuent d’être sous-représentées en politique tout comme la plupart des pays de la région Mena. Les élections communales ont marqué un tournant. Selon le ministère de l’intérieur, les femmes ont ainsi représenté 21,94% de l’ensemble des candidatures au titre des élections communales et 38,64% au titre des élections régionales.

L’ensemble de ces déficiences ne peut être traité sans réformer de façon significative les rapports hommes-femmes et sans que les politiques publiques ne soient profondément imprégnées par les principes de l’égalité et de l’équité genre.

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