Du nouveau dans le dossier du blé importé

Nouveau rebondissement dans l’affaire des minotiers. Un jugement, passé presque inaperçu, a été rendu, le 26 novembre 2001, par le tribunal de commerce de Casablanca. Le litige concerne la situation de Cerelex, une société d’importation de blé, créée en novembre1996, dans la foulée de l’entrée en vigueur de la libéralisation de la filière céréalière au Maroc.
Cette entreprise a saisi la justice par l’intermédiaire de ses avocats. Objectif de la démarche : demander le redressement judiciaire en raison de ses difficultés financières dûes à plusieurs facteurs que le plaignant a résumé comme suit : le non-respect par certains clients de leurs engagements, les fluctuations qu’à connus ces derniers temps le marché mondial du blé et la hausse de l’équivalent tarifaire douanier à l’importation. Résultat : Cerelex, forcée ainsi de mettre son activité en veilleuse, dès fin juin dernier, est quasiment en état de cessation de paiement. Mustapha Hamdi, patron de la société, a déclaré devant le juge que le montant des dettes de Cerelex se situe entre 70 et 80 millions de Dhs, essentiellement contractés auprès des banques et que les impayés de l’entreprise sont de l’ordre de 40 à 50 millions de Dhs.
La situation de Cerelex, dont le capital est aujourd’hui de 27 millions de Dhs alors qu’il était de 50 millions de Dhs au moment de sa création, interpelle à plus d’un titre : comment se fait-il que les membres du conseil d’administration, tout comme les commissaires aux comptes, n’aient pas remarqué à temps la dégradation de l’état des finances de l’entreprise ? Et puis comment se fait-il qu’une société qui fait travailler à peine 7 employés se retrouve au bord de la faillite six ans seulement après sa mise en service ? Par ailleurs, le patron de Cerelex a expliqué que celle-ci possède encore des marchés et qu’elle a besoin juste de temps pour trouver des solutions à la crise qu’elle traverse.
Le tribunal de commerce de Casablanca a décidé de désigner un expert-comptable en vue de préparer un rapport circonstancié, en collaboration avec le patron de la société, sur la situation de cette dernière. C’est en fonction des éléments de l’expertise que la solution appropriée sera retenue : la continuation de l’activité, la cession de l’entreprise à un tiers ou la liquidation judiciaire.

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