Du pain sur la planche des boulangers

Les rideaux de la plupart des boulangeries-pâtisseries du Maroc étaient restés abaissés en ce mardi 8 juillet. Dans la ville, le mouvement semble avoir été de suivi de 50 à 100%. Fort heureusement, il n’y a pas eu de mouvement de panique chez les citoyens, ce n’était sans doute pas le but. Et, en règle générale, tout le monde a pu se débrouiller pour se procurer cette denrée précieuse –et essentielle au tajine -. Les Marocains qui ont l’habitude d’acheter leur pain, se sont, soit rabattus aux boulangeries qui ne faisaient pas grève, soit aux marchands ambulants de pain, ou ont tout simplement eu recours à la bonne vieille tradition de la confection à domicile et de l’acheminement vers le bon vieux four traditionnel. Dans un communiqué, le Syndicat unifié des patrons boulangers-pâtissiers du Maroc avait en effet appelé à un débrayage pour «marquer leur cohésion et leur union pour la défense du dossier revendicatif du secteur. Un dossier à propos duquel le dialogue avec le ministère de tutelle n’a abouti à aucune satisfaction des revendications et à aucun résultat tangible de nature à sauver ce secteur en crise aiguë, du fait de la hausse des charges de l’industrie du pain et de la réduction des gains». En d’autres termes, pour le pain de 200 et 400 grammes, les boulangers revendiquent une hausse de 0,30 dirham (0,15 dh immédiatement et 0,15 dh dans trois ans). Une augmentation qu’ils jugent «nécessaire et raisonnable» vu la hausse qui a marqué les prix des autres denrées entrant dans leur industrie mais aussi le coût de l’énergie et de la main-d’oeuvre. Il faut rappeler que le prix du pain n’a subi aucun changement depuis 1989. Le département de tutelle est le ministère des Affaires économiques, des Affaires générales et de la Mise à niveau de l’économie. Abderrazak El Mossadek, qui se dit ouvert au dialogue, s’est entretenu avec les dirigeants du syndicat, et estime qu’avant de procéder à une hausse des prix, il faut attendre l’élaboration en cours, avec le ministère de l’Agriculture et les minotiers, entre autres, d’une approche globale pouvant déboucher sur une vision concurrentielle qui puisse tenir la route. Le ministre sous-entend qu’il ne faut pas isoler un produit, mais qu’il faut gérer toute la filière. Autrement dit, le ministre ne veut pas faire du replâtrage, mais parvenir à une solution intégrée qui irait dans le sens d’une libéralisation progressive du secteur. Tout indique donc que, pour l’instant, les choses ne vont pas aller dans le sens d’une hausse des prix du pain. Mais il va bien falloir trouver un terrain d’entente qui satisfasse toutes les parties et qui prenne en considération la bourse du consommateur.

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