Du partenariat associatif

ALM : Que pensez-vous de l’état actuel de la vie associative au Maroc ?
Monique Van Lancker : Le tissu associatif existant au Maroc joue un rôle de plus en plus grand dans le développement du pays. On sent une vraie prise de conscience quant à l’importance de la vie associative , malheureusement, au Maroc, cette dernière n’est pas structurée. Il y a certaines choses qui freinent l’initiative des associations, de plus, il y a un manque évident d’informations, de méthode et de formalisation. Cependant, des changements sont en cours dans le secteur de la vie associative, à commencer par la révision du Dahir de 1958, il faut juste mettre en place une ingénierie pour accompagner ce changement, et c’est là où nous intervenons pour mettre en place un système d’accompagnement associatif adapté à la réalité du pays.
Quels sont vos moyens d’action, vos projets pour le Maroc ?
Nos moyens d’action sont un savoir-faire et une expérience dans la vie associative,et nous sommes là pour la partager avec les différents acteurs de la vie associative au Maroc, pour les aider à se renforcer et à se professionnaliser.
Nous comptons mobiliser dans 4 régions du Maroc, à savoir Casa / Rabat, Tanger, Fès/Meknès et Marrakech, un groupe de responsables associatifs aux quels nous donnerons des clés d’ingénierie associative à travers des outils techniques et pédagogiques, et c’est ce même groupe qui servira de point d’appui aux porteurs de projets associatifs dans chaque région.
Est-ce qu’une société civile est organisable au Maroc ?
Aujourd’hui, on est en train de découvrir que la société civile est un partenaire essentiel pour le développement d’un pays, et du moment qu’il y’a une demande et des attentes de la part des citoyens, la société civile devient une priorité.
Le meilleur moyen pour le citoyen de faire entendre sa voix et d’intervenir dans les secteurs de la vie sociale est de se constituer en groupement : l’association en est un formidable exemple.
En s’organisant en réseau, en fédérations ou en associations, la société civile devient un partenaire de l’Etat. L’objectif du programme concerté Maroc est d’aboutir à ce partenariat.
Il ne faut pas avoir peur de ce qu’apporte la société civile ou la vie associative, au contraire, il faut leur donner plus de liberté et d’autonomie surtout, libéraliser les procédures administratives et les décloisonner , faciliter l’activité associative tout en étant très clair sur les moyens de contrôle. En somme, gagner en transparence et favoriser le système de fonctionnement transversal et non pyramidal.
Un dernier mot ?
Je voudrais juste souligner qu’il y a une réelle motivation et un énorme potentiel, mais même si la bonne volonté est toujours le moteur de l’action, il faut mettre en place une ingénierie de projets, de gestion, et de développement… Et plus on sera clair, plus on aura de chances de faire du bon travail; implication et transparence doivent être le mot d’ordre de tout acteur de la vie associative.

• Propos recueillis par Fatim-Zohra Hamil

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