E-cigarette : Une prévalence de 5,3% chez les jeunes de 13 à 15 ans

E-cigarette : Une prévalence de 5,3%  chez les jeunes de 13 à 15 ans

Enquête nationale sur le tabagisme

Le tabagisme chez les jeunes marocains  est en baisse.  Selon une enquête nationale sur le tabagisme des jeunes scolarisés âgés de 13 à 15 ans menée par le ministère de la santé et qui a été publiée dans le dernier bulletin d’épidémiologie et de santé public le 27 mars 2018, la prévalence du tabagisme a régressé chez les jeunes en s’établissant à 6% en 2016, soit une baisse de 55,5% de 2001 à 2016. Les précédentes enquêtes qui avaient été réalisées en 2001, 2006 et 2010 avaient révélé une prévalence de 10,8% en 2001, 11% en 2006 et 9,5% en 2010. De même, la prévalence des fumeurs a enregistré une tendance à la baisse avec respectivement 2,6% en 2001, 3,5% en 2006, 2,8% en 2010 et 1,9% en 2016 soit une baisse de 73%. Cette baisse est plus importante chez les filles que chez les garçons avec respectivement 80, et 69%.

A noter que cette étude qui a été réalisée en milieu scolaire en 2016 a ciblé 3.915 élèves dont 2.948 étaient âgés de 13 à 15 ans. Par ailleurs, cette étude a analysé pour la première fois l’usage de la cigarette électronique chez les jeunes.  Ainsi, la prévalence de l’utilisation de la cigarette électronique durant les 30 jours précédant l’enquête chez ces jeunes a été de 5,3% avec respectivement 6,3% chez les garçons et 4,3% chez les filles. L’enquête fait remarquer que les prévalences du tabagisme chez les jeunes scolarisés âgés de 13 à 15 ans restent parmi les moins élevées dans la région de la méditerranée orientale. Ainsi, au Maroc, la prévalence des utilisateurs du tabac a été de 4,4% en 2016 alors qu’en Egypte, cette prévalence était de 13,6% en 2014 et de 11,4% en 2010. De plus, la prévalence du tabagisme passif dans le milieu familial a baissé avec respectivement 25,1% en 2001, 19,5% en 2010 et 15,2% en 2016. En revanche, la prévalence du tabagisme passif dans les espaces publics fermés a augmenté en passant de 37,6% en 2001 à 41,8% en 2016.

Cette hausse s’expliquerait par l’absence d’application de la loi anti tabac 15-91 qui interdit l’utilisation du tabac dans les espaces publics. Concernant le sevrage tabagique, 50% des élèves qui fument ont essayé d’arrêter de fumer durant 12 mois. On notera également que 60,3% des élèves ont voulu arrêter de fumer au moment de l’enquête. Ces données révèlent la nécessité de renforcer les prestations en matière d’aide au sevrage tabagique pour les mettre à la disposition des jeunes désirant arrêter de fumer. S’agissant de l’accessibilité au tabac, plus de la moitié (57,3%) des jeunes fumeurs ont acheté leurs cigarettes d’un kiosque, un magasin ou chez un vendeur ambulant. Ils sont 47,3% à avoir acheté leurs cigarettes à l’unité.  Ces chiffres montrent bel et bien que le jeune âge ne constitue pas un obstacle à l’achat de la cigarette alors que la vente de tabac aux moins de 18 ans devrait être formellement interdite. D’où la nécessité de renforcer les mesures législatives concernant la vente de tabac aux mineurs.

Enfin, l’enquête pointe du doigt le rôle de l’école dans la sensibilisation des jeunes aux méfaits du tabagisme dans la mesure où seulement 50% des élèves ont reçu en classe des informations à ce sujet. Le ministère de la santé estime que la prévention des conduites additives en milieu scolaire et en particulier l’usage du tabac devrait s’inscrire dans une démarche globale d’éducation à la santé intégrée dans les programmes tout au long du cursus scolaire.

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