Éclairage : Bon vent !

L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) nous a informés en début de semaine, par voie de publicité dans deux quotidiens nationaux, en arabe et en français, que le dernier délai pour l’inscription des candidats aux emplois proposés par la société émiratie, Al Najat, sur des bateaux de croisière, est fixé au jeudi 27 juin 2002 à 18 heures.
Dont acte ! C’est en soi une bonne nouvelle. Parce que ceux qui seront tentés de s’inscrire après cette date n’auront plus aucun recours. Les nouveaux candidats aux inscriptions sur les listes du mirage de l’ANAPEC en seront pour leurs frais. On leur opposera légitimement que l’Agence nationale avait dégagé sa responsabilité en publiant dans la presse qu’après la date pré-citée, nulle candidature n’était recevable.
Avec cette clôture des inscriptions, on est en droit de faire un premier bilan de cette affaire, du point de vue de la rédaction de notre quotidien qui l’accompagne depuis ses débuts et sur laquelle nous nous sommes fait une religion à laquelle nous n’avons pas pu convertir le reste de nos confrères. Mais il faut dire aussi que nous n’avons pas fait montre d’un grand prosélytisme, estimant que les informations sur lesquelles nous avons travaillé sont pour la plupart disponibles et à la portée de tout le monde. Alors, il va falloir maintenant dire combien de personnes au juste se sont portées candidats, depuis le 21 février dernier, aux offres d’emploi d’Al Najat-Anapec et compagnie ? Pour le nombre faramineux de 30 000 emplois promis (rappelons qu’on a commencé à 20 000, puis 22 000 puis 30 000, parce que, nous dit-on, on veut favoriser les candidats marocains), des sources dignes de foi estiment le nombre d’inscrits, qui ont passé la fameuse visite médicale à la clinique casablancaise bénie de Dar Salam, à au moins 80 000.
À raison de 900 DH par personne, on est à plus de sept milliards de nos centimes de chiffre d’affaire, sur cette opération. Une manne énorme. Qui en profite réellement? Mais, en définitive, ce n’est pas tellement notre rôle de jalouser qui que ce soit à ce propos. Un adage bien musulman dit que «Dieu fasse qu’il y ait de la distraction entre le vendeur et le client!» Si tout le monde est content, jusqu’à présent, pourquoi nous, simples journalistes, y trouverions quelque chose à redire ? Signalons simplement que bien qu’il n’y ait nul emploi à l’horizon, il n’y a, en fait, nulle tromperie à prouver. Al Najat n’a promis que de l’intermédiation pour chercher des emplois. L’Anapec n’a fait que l’intermédiaire public, agissant au nom du gouvernement, entre des intermédiaires privés et des citoyens naïfs.
La clinique n’a fait que passer des visites médicales, pour lesquelles elle est certainement qualifiée et a encaissé le prix d’honoraires un peu élevé certes, mais tout à fait consenti. Alors où est le problème ? Un autre adage, plutôt populaire et assez grivois chez nous, dit que «c’est la poule qui pond et c’est le coq qui a mal au cul !» Alors, forts de toute ces sagesses, nous avons décidé de ne plus remettre en question quoi que ce soit sur cette opération pour ne pas en déranger le déroulement. Nous attendons patiemment le départ de nos concitoyens, 30 000 jeunes à qui nous souhaitons bon vent et que la croisière s’amuse à se fendre la rate!

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