Egalité: Le coup de gueule d’Afilal

Egalité: Le coup de gueule d’Afilal

Le département de l’eau a trop longtemps été exclusivement réservé aux hommes selon Charafat Afilal, et cela doit cesser. «Il est temps que les hommes partagent ce département avec les femmes», a déclaré la ministre déléguée chargée de l’eau vendredi à Rabat. «Le genre concerne également les barrages, les travaux de protection contre les inondations et l’accès aux postes de décision qui étaient réservés exclusivement aux hommes sous prétexte que les femmes n’étaient pas suffisamment musclées pour gérer le béton et les chantiers», s’est indignée la ministre.

«Nous sommes aussi armées d’intelligence, de savoir-faire et de persévérance, comme vous, et c’est le plus important», a-t-elle poursuivi, s’adressant à ses «collègues hommes». Charafat Afilal s’exprimait lors de la cérémonie de signature d’une convention entre son département et l’ONU Femmes pour l’institutionnalisation de l’intégration du genre dans le secteur de l’eau.

Selon les termes de cet accord, l’ONU Femmes s’engage à accompagner le ministère dans la mise en place d’une stratégie effective pour l’égalité des genres. «Le ministère délégué chargé de l’eau est, dans ce sens, avant-gardiste en favorisant le développement d’une vision globale, fondée sur une prise en compte de l’égalité des sexes sur les deux niveaux organisationnel et programmatique», a affirmé, à cette occasion, Leila Rhiwi, représentante de l’ONU Femmes dans le Maghreb.

Le département d’Afilal n’est pas le premier à bénéficier de cet appui. Le ministère de l’économie et des finances, le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, le ministère de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, le ministère de la communication et la direction générale des collectivités locales ont tous bénéficié de l’appui de l’ONU Femmes dans le processus d’intégration de l’égalité des genres dans leurs politiques.
Si la signature de ce type de conventions vient clairement répondre aux dispositions de la Constitution, elle rentre également dans l’application des mesures comprises dans la nouvelle loi organique des finances (LOF).

Selon les dispositions de cette nouvelle loi, chaque département doit annuellement présenter son budget sous forme de programmes de performance assortis d’objectifs et d’indicateurs sensibles au genre. «Nous n’avons plus le choix à part de mettre en œuvre cette disposition au niveau des politiques publiques», a précisé, sans ce sens, Charafat Afilal.

Dans la pratique, l’élaboration de cette stratégie devra passer par plusieurs étapes. D’abord la conduite d’une analyse détaillée des avancées, des contraintes et des défis d’intégration du genre dans les programmes et projets du secteur de l’eau, ensuite la formulation de ladite stratégie et la mise en place de son plan d’action, et enfin l’élaboration d’un système de suivi et d’évaluation.

Il est à noter que ce souci d’intégration du genre dans le secteur de l’eau vise également à maximiser les bénéfices sociaux et matériels dans un contexte national et international de plus en plus marqué par la rareté des ressources hydriques. «Comprendre les différences entre les femmes et les hommes au niveau de l’accès, de l’usage et du contrôle de l’eau est essentiel en vue d’assurer un meilleur accès et une meilleure gestion de cette ressource», a noté Leila Rhiwi.

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