El Mostafa Yaqouti : «Lutter contre l’abandon des enfants est une priorité»

El Mostafa Yaqouti : «Lutter contre l’abandon des enfants est une priorité»

ALM : Quel est votre plan d’action de collecte de fonds pour 2009 ?
El Mostafa Yaqouti : Pour cette année, nous souhaitons mobiliser un maximum de donateurs via le parrainage. Devenir parrain ou marraine d’un enfant d’un Village d’enfants SOS, c’est s’engager à verser chaque mois 100 DH à l’association. Cette somme est une contribution au budget que représente la prise en charge d’un enfant. Nous comptons aussi sur l’INDH qui nous a soutenus en 2008. Nous faisons confiance en nos partenaires de longue date qui ont suivi notre évolution.

Qu’en est-il du programme de «Prévention de l’abandon» ?
Lutter contre l’abandon des enfants est au cœur de nos réflexions. Nous savons que ce sont majoritairement des mères célibataires qui ont recours à l’abandon. Nous avons donc élaboré un programme en deux étapes. La première est la crêche du centre Oum Keltoum de Sidi Moumen. On leur y prodigue les notions élémentaires de puériculture. Elles sont ensuite orientées vers nos ateliers de Chouhada. La deuxième étape est axée sur la formation professionnelle. Elle comprend l’initiation à la couture, au tissage et  à la pâtisserie. Pour que ces jeunes mamans puissent se consacrer à l’apprentissage. Depuis septembre 2007, 70 jeunes femmes ont été insérées dans le marché du travail.

Combien d’enfants sont parvenus à être insérés dans la vie professionnelle ?
Les enfants qui sont admis dans nos Villages sont sous notre tutelle jusqu’à ce qu’ils soient insérés dans la vie professionnelle. Ils arrivent souvent avec une histoire assez lourde à porter, et ce mal-être a des répercussions sur leur scolarité. Nous mettons donc en place des ateliers de soutien avec des séances d’orthophonie et de psychomotricité. Ensuite, le point délicat reste l’accès au travail. C’est pourquoi un collaborateur du département de suivi des jeunes les oriente à trouver des cursus en phase avec les réalités de l’emploi et à décrocher des stages ou des emplois. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’avoir près d’une centaine de jeunes adultes insérés dans le marché du travail et 28 en phase d’autonomisation.

Parlez-nous du parcours d’un enfant depuis son arrivée au Village jusqu’à sa majorité. 
Le parcours des enfants qui intègrent nos Villages ne s’arrête pas au moment de la majorité, mais une fois qu’il est véritablement lancé sur le marché du travail. À son arrivée au Village, l’enfant retrouve un foyer chaleureux autour d’une mère SOS, des frères et des sœurs, un environnement propice à sa reconstruction. Nous veillons toutefois à ce que les enfants ne restent pas confinés dans ce cocon, en les scolarisant avec des enfants de l’extérieur, en ouvrant les villages et en proposant un maximum d’activités à l’extérieur.
À la fin de la 9ème année de l’enseignement fondamental, devenu adolescent, il va poursuivre ses études ou une formation en ville. Il est logé en internat ou dans un foyer encadré par un éducateur.
Dans les deux cas, il revient régulièrement dans son Village d’enfants, notamment pour les fêtes religieuses. Durant toute la phase où le jeune se prépare à la vie professionnelle, il reste assez encadré. Puis au moment où il fait  ses premiers pas dans la vie professionnelle, un éducateur continue à le suivre.

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