El Moutea : «Belkora est responsable»

El Moutea : «Belkora est responsable»

ALM : D’après vous, pourquoi l’exécution du contrat de concession du transport urbain à Meknès a pris autant de retard ?
Mohamed El Moutea : Nous nous étonnons de cette question. Aucun retard n’a été enregistré dans l’exécution de ce contrat. Il faut signaler que la convention de concession a été signée le 4 juillet 2005 et qu’elle n’a été ratifiée par le ministère de l’intérieur que le 1er Août 2005. Un délai raisonnable est nécessaire pour permettre la mise en place d’un projet de cette ampleur. Il faut également savoir que la caution n’est due que le 4 octobre 2005. Comment donc affirmer que le début du service est en retard ?
Le problème du transport urbain de Meknès réside dans le retard pris par la commune urbaine de Meknès à mettre en place un appel d’offre viable durant ces deux dernières années.
Nous avons un document signé d’un commun accord avec le président de la commune en présence du wali où il est spécifié que la société débutera son service dans un délai de trois mois, c’est-à-dire à partir du 15 décembre, vu les preuves tangibles et professionnelles délivrées concernant les étapes à effectuer pour la mise en marche du service.

Que reprochez-vous exactement au conseil de la ville de Meknès ?
Il s’agit surtout de promesses non tenues de la part de la commune urbaine de Meknès. Le président du conseil de la ville nous a promis, devant la commission spéciale et devant nos partenaires espagnols, l’occupation provisoire du garage de la RATUM. Nous avons été surpris plus tard par une correspondance datant du début août nous demandant de faire une offre pour le prix du loyer. Ces gens-là ont même eu l’audace de nous faire visiter ledit parking. A la date d’aujourd’hui, nous ne disposons toujours pas de local. M. Belkora nous avait également promis d’intervenir pour obtenir une exonération des droits de douane. Rien de cela n’a été respecté. En plus, le conseil de la ville manque de professionnalisme et d’expérience dans un secteur technique aussi délicat que le transport urbain. Il ne fait preuve d’aucune harmonie, organisation ou collaboration concrète et constructive pour résoudre les problèmes de fond. Ce sont d’ailleurs toutes ces promesses qui nous ont poussés à fixer le prix du ticket à 2,70 DH et accorder de larges avantages aux élèves et étudiants. C’est un tarif qu’on ne pratique nulle part au Maroc. Avec les hausses du carburant, je vous laisse le soin d’imaginer la situation…

Concrètement, quand est-ce que vous comptez mettre les bus en
circulation ?
Nous allons commencer le service à la fin décembre prochain comme le stipule l’avis signé par le président de la commune urbaine et nous-mêmes en présence du wali qui a été d’une aide précieuse et nécessaire dans la résolution des problèmes avec la commune urbaine de Meknès et grâce à qui nous avançons rapidement depuis qu’il s’est investi dans ce dossier.

Les termes de la convention seront-ils pleinement respectés ?
Effectivement, nous sommes dans le respect total de la convention et du cahier de charges et nous sommes engagés à le respecter.
Pour notre groupement, ce n’est pas seulement un engagement administratif, mais aussi et surtout un engagement moral vis-à-vis des habitants de la ville de Meknès qui ont beaucoup souffert des lacunes du transport urbain et à qui nous promettons un service de grande qualité.
Nous remercions chaleureusement les initiatives de Sa Majesté le roi MohammedVI pour avoir donné ses hautes instructions afin de faire avancer rapidement ce dossier stratégique.
Toutefois, il ne faut pas oublier toutes les contraintes auxquelles nous faisons face et notamment ce que coûte un seul bus. La marchandise étant introuvable au Maroc, nous avons décidé de chercher en Espagne. Pour vous donner une idée, un seul bus revient à 25.000 euros en plus exactement de 547.000 DH pour les droits de douane.
En tout, un seul véhicule coûtera près d’un million de dirhams et nous n’avons eu droit à aucune sorte d’exonération. L’Etat doit faire un geste surtout qu’il s’agit d’assurer un service public à caractère social dans une ville à population majoritairement démunie.

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